Lienemann : « Arrêtons les débats sur l’intersectionnalité, parlons du social ! »

Propos recueillis par Florent Barraco et Jacques Paugam
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Marie-Noëlle Lienemann au Sénat.
Marie-Noëlle Lienemann au Sénat.

Si le socialisme était un héritage, Marie-Noëlle Lienemann en serait la gardienne zélée. Droite comme la justice, qu'elle aimerait sociale, sévère au demeurant, ne laissant passer aucun reniement ou renoncement, l'élue socialiste n'a jamais souffert les virages idéologiques. Au point de quitter le PS, son parti de c?ur, en 2018, après l'effondrement de la gauche, trahie, selon elle, par les sociaux-libéraux, de Manuel Valls à François Hollande.

Convaincue que les Français ont une envie de gauche et attendent des propositions pour lutter contre les inégalités, la sénatrice de Paris, secrétaire d'État au logement sous Lionel Jospin, fixe néanmoins le cap à près d'un an de l'élection présidentielle. Si elle veut espérer l'emporter en 2022, la gauche doit se retrouver elle-même, les ambitions suivront. Une gauche sociale, planificatrice, affranchie de la dette et, si possible, farouchement anti-Macron.

Le Point : Dans quel état se trouve la gauche : en état de mort cérébrale ? Dans le coma ? Ou en rémission ?

Marie-Noëlle Lienemann : En rémission. Je ne pense pas que la gauche doit disparaître dans ce pays, parce que les idéaux de gauche, notamment l'égalité sociale ou plus de justice, sont extrêmement forts. Mais il y a en effet une crise politique. Cette crise est idéologique, car une partie de la gauche qui a gouverné a été au mieux une gauche sociale-démocrate ou trop souvent néolibérale. Ensuite, il y a l'obstacle de la division à surmonter. Nous devons égal [...] Lire la suite