Marie Desplechin : "Le dimanche, la fabrique du bonheur"

"Le dimanche, c'est trop bien!" Elle a beau avoir passé le cap des 60 ans et couvé une méchante grippe lors de notre rencontre, Marie ­Desplechin parle, et s'enthousiasme, comme une ado. Ce jour-là, l'écrivaine – en dédicace la semaine dernière au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil – a enfin une excuse pour lâcher son téléphone et son clavier ­d'ordinateur. "J'adore les jours clandestins", sourit-elle.

Ces temps-ci encore plus. Car si Louis et Lucie, 35 et 33 ans, les enfants de son premier mariage, et Élie, 23 ans, ont quitté la maison depuis longtemps, l'appartement se remplit chaque week-end. Le piano, installé au salon, rythme les retrouvailles. Le benjamin, musicien de jazz, donne amicalement des cours à une nièce et à la filleule d'un copain tchèque. Son frère passe. Des proches aussi. "Tout le monde débarque ; je cuisine, ça rigole, ça discute, il y a tous les âges", se réjouit l'auteure, qui résume joliment : "C'est la fabrique du bonheur."

En fin de journée, il y a aussi la petite Ivoirienne qu'elle et son mari ont prise sous leur aile. Ils connaissent sa famille depuis quatorze ans. Ça remonte à l'époque où Marie militait, comme parent d'élèves, au sein du Réseau Éducation sans frontières. Un jour, un couple de sans-papiers logé en Seine-Saint-Denis l'interpelle. Des liens se tissent : elle fête Noël avec eux, aide pour les papiers, pour les vacances des trois gamins. C'est la petite dernière qui, désormais, vit en partie chez eux, dans le 10e arr...


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