Marie Appriou, double championne du monde de boomerang : «J'ai été harcelée au collège à cause de ma passion»

Bernard Charles

«The circle is clear». À cette annonce, gare à votre tête, des boomerangs voleront au-dessus de vous ! Entre le bruit des boomerangs dont les pales fendent l’air et les hurlements de joie des américains, une famille, la famille Appriou, concourt aux Championnats du Monde sur l’herbe asséchée du Château de Moulerens, à Gradignan (Gironde).

Mère et filles sur le terrain, père au micro pour commenter et expliquer aux novices ce qu’il se passe devant nos yeux. Telle est la configuration de cette famille issue de Cestas, dans la banlieue bordelaise. A domicile, Marie Appriou, la championne du monde en titre, compte bien le préserver. Cette jeune femme brune de 24 ans est sûre d’elle, parle avec conviction et parvient sans soucis à transmettre sa passion.
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Pourtant, tout n’a pas été rose au départ. Sport méconnu du grand public, le boomerang souffre des nombreux clichés véhiculés par des films comme Mad Max ou le Dîner de Cons. Marie Appriou a été victime de harcèlement durant ses années de collège. «Ça a été dur pour moi. Ça a été très difficile au collège car j’en parlais aisément. Je me suis fait harcelée pour ça. Violemment. C’est parti très loin». Mais la jeune française n’a pas abandonné et a remporté jeudi 25 août 2022 son deuxième titre d’affilée de championne du monde féminine de boomerang. Professeure d’EPS au collège, elle veut initier ses élèves au boomerang. «C’est une petite revanche. C’est exactement pour ça que je voulais être professeure en collège».
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Cet amour du boomerang, elle l’a depuis l’âge de cinq ans. «J’ai participé à ma première Coupe du monde quand j’avais 10 ans, nous dit-elle fièrement, et là c’est ma sixième participation». Une véritable passion, transmise par son père. Tout jeune, Michel Appriou était fasciné par les objets volants et fabriquait fusées, planeurs et autres avions. C’est lorsqu’il a voulu réparer le boomerang de son petit frère, qu’il avait cassé en voulant faire le tour du poteau de rugby, que Michel Appriou est tombé dedans.(...)


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