Marc Fumaroli, des mots plutôt que des modes

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« La lecture de tous les bons livres est comme une conversation avec les plus honnêtes gens des siècles passés », écrivait Descartes. En ce moment, Marc Fumaroli poursuit probablement une conversation entamée depuis longtemps avec les auteurs du Grand Siècle. Molière, Racine ou Corneille, l’historien les a tous fréquentés dès la tendre enfance, tissant avec eux la relation d’une vie. L’historien d’origine corse est né en 1932 à Marseille. Très vite, toute la famille suit le père, nommé consul à Fès. Sa mère, institutrice, glisse dans ses malles quantité de classiques. Elle emportait là un trésor de papier pour son fils.

Celui-ci s’éveille au monde avec le rythme et la prose de la littérature du XVIIème siècle. Antidote contre l’ennui, les livres ont été son école de la vie : « Seule la littérature nous donne l'imagination d'autrui, qui, sinon, nous resterait opaque », déclarait-il. Plus que la philosophie ou la religion, c’est dans la littérature que l’intellectuel trouvait les réponses à ses questions, littérature dont il formulait cette impeccable définition : « La littérature n'est pas seulement un objet d'étude, mais un véritable chemin de vie. Les écrivains, même s'ils ne prétendent pas nous mener à la sainteté ou au salut, sont de très grands maîtres spirituels. Car il y a dans la littérature, comme dans les sagesses antiques, une dimension pratique. C'est un apprentissage de l'usage du temps, de nous-mêmes, des autres (...) Et cela change une vie ».

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