Maréchal Khalifa Haftar : "Aidez-moi à vaincre les Frères musulmans"

Exclusif. L’homme fort de Benghazi appelle l’Europe au secours à l’heure où la Turquie aide le gouvernement de Tripoli et ses alliés « terroristes islamiques »

Depuis le débarquement, en janvier, de l’armée turque à Tripoli, ce n’est plus une kyrielle de milices que l’Armée nationale libyenne (ANL) affronte dans les faubourgs de Tripoli, mais une armée avec des supplétifs syriens. « Il y a même des Maliens », glisse un conseiller avant que ne s’ouvre la porte du bureau du maréchal Haftar. « Renégat » pour les uns, « sauveur » pour les autres, il veut nous raconter sa guerre contre les « Frères musulmans terroristes » qu’il a repoussés de sa région, la Cyrénaïque, en 2017, et qu’il espérait balayer de la Tripolitaine en lançant son offensive surprise d’avril 2019. C’était compter sans la résistance des milices de Misrata et l’activisme de Recep Tayyip Erdogan, soucieux de protéger son dernier bastion en Méditerranée. Mille kilomètres à l’est, sur le tarmac de l’aéroport de Benghazi, les vieux Tupolev entretenus par des mécanos ukrainiens transportent les blessés qui reviennent du front. Leur chef affiche une mine grave. Le moment est arrivé où, dit-il, « les masques tombent ». Il ne voudrait pas que ses alliés lui fassent défaut.

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Notre devoir est de défendre notre nation

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Paris Match. Quelles sont, pour vous, les conséquences du débarquement de l’armée turque à Tripoli ?
Maréchal Khalifa Haftar. N’importe quel pays qui envisage d’occuper notre terre, sous n’importe quel prétexte, est un ennemi que nous combattrons avec toute notre énergie. Depuis le début de la crise, il est évident que la Turquie ne veut pas que la Libye se stabilise. Nous ne l’avons jamais provoquée, c’est elle qui envoie des armes et des terroristes. Notre devoir est de défendre notre nation.

La Turquie dit avoir été appelée par Fayez Al-Sarraj, le chef du gouvernement d’union nationale, en réponse à(...)


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