Manuel Vilas : la foi dans la joie

Par Marie-Laure Delorme
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« Alegria » de Manuel Vilas fait partie des cinq romans étrangers de la sélection « Le Point » et France Inter.
« Alegria » de Manuel Vilas fait partie des cinq romans étrangers de la sélection « Le Point » et France Inter.

Après la mort, la vie. L'écrivain espagnol Manuel Vilas, né en 1962, à Barbastro, en Aragon, poursuit son cycle autobiographique sur sa famille. Le romancier a mis toute sa vie en musique. Dans Ordesa, il racontait le deuil des parents rebaptisés Bach (pour le père) et Wagner (pour la mère). Le fils inconsolable a perdu son père en 2005 et sa mère en 2014. Il parlait alors de l'Espagne des années soixante et soixante-dix, de l'infidélité, de l'alcoolisme, de la précarité matérielle. Dans Alegria, il raconte les affres de la paternité avec le cadet Valdi (pour Vivaldi) et l'aîné Bra (pour Brahms). Le père frustré doit faire face à l'indifférence de ses fils de 22 et 24 ans. Il parle aujourd'hui de la dépression, des conséquences du succès mondial d'Ordesa (Prix Femina étranger 2019), de la rencontre avec sa seconde épouse (la poétesse espagnole Ana Merino), de l'allégresse. Son grand thème : comment on arrive à la joie par la douleur.

Manuel Vilas nomme sa dépression Arnold Schoenberg. Le créateur du bruit contemporain est le compagnon de route de l'homme abandonné. L'écrivain lutte contre le vide intérieur laissé par la mort de ses parents. Il cherche un lieu de consolation et de réconfort dans chaque pays visité. Quand il voyage partout dans le monde, aucune chambre d'hôtel ne lui convient. Il demande à la réception, sans cesse, de changer de lieu. Où la chambre de son enfance réside-t-elle ? Le père est apaisé quand il voit ses deux enfants heureux. Shopp [...] Lire la suite