Pour Manuel Bompard, "il n'y a pas de chef à La France insoumise"

Manuel Bompard sur BFMTV-RMC le 3 janvier 2022  - BFMTV
Manuel Bompard sur BFMTV-RMC le 3 janvier 2022 - BFMTV

Opération serrage de rangs à La France insoumise (LFI). Invité de BFMTV-RMC ce mardi, Manuel Bompard appelle sa formation politique à faire preuve de "cohésion", d'"unité" et à se "focaliser sur les batailles du moment", dont, notamment, la lutte contre la réforme des retraites voulue par le gouvernement.

Pour l'instant, le parti de Jean-Luc Mélenchon est secoué par deux tempêtes. L'une dure depuis des mois. L'autre, des semaines. La première concerne Adrien Quatennens, lequel avait reconnu une "gifle" envers son épouse, avant d'être condamné à 4 mois de prison avec sursis le 13 décembre.

La question de son retour à l'Assemblée fragilise LFI, attaquée de toutes parts par les oppositions sur ce sujet. Le sujet divise également les militants du mouvement. Certains ont signé une tribune dans Le Monde pour réclamer l'exclusion du député du Nord.

"Ça lui appartient"

Le groupe parlementaire a tranché pour une suspension de 4 mois le 13 décembre, mais Adrien Quatennens a indiqué sur BFMTV le lendemain qu'il souhaitait revenir "dès janvier". Dans pareil cas, il siégerait, au moins pour un temps, parmi les non-inscrits. Une possible épine dans le pied des insoumis? Sur BFMTV-RMC, Manuel Bompard se range derrière le choix de son parti. "Le groupe politique a pris une décision [...] à partir de ce moment-là, ce qu'il va faire, ça lui appartient à lui et pas à moi".

Reste une seconde crise interne: la nouvelle coordination de La France insoumise, dont Manuel Bompard devrait prendre les rênes d'ici quelques jours. L'élu l'assure:

"Il n'y a pas de chef à La France insoumise" mais des "structures d'oganisation collective". Difficile exercice d'équilibriste.

Des pontes du mouvement, non-retenus dans cette nouvelle direction, ont fait savoir leur mécontentement, affichant ainsi ouvertement les divisions du parti. Une chose suffisamment rare pour être soulignée tant La France insoumise a habitué à chanter à l'unisson.

Parmi les recalés: Clémentine Autain et François Ruffin - porteurs d'une voix particulière chez les insoumis - mais aussi des historiques comme Alexis Corbière, Raquel Garrido ou Éric Coquerel.

"Collectif"

Manuel Bompard rejette la responsabilité de cette crise interne sur les médias. "Il y a eu des informations transmises et colportées dans la presse qui ne correspondent pas à la réalité", d'après lui.

Le député des Bouches-du-Rhône vante une volonté de "s'élargir de la manière la plus large possible". Il en veut pour preuve que les personnalités ne faisant pas partie de la coordination de LFI, sont néanmoins intégrés à son conseil politique. Maigre lot de consolation, le rôle de cette instance étant seulement consultatif.

Pour sortir de cette séquence critique, Manuel Bompard souligne l'importance du "collectif" dans "cette période". "Moi mon enjeu, c'est de faire en sorte que ce mouvement soit utile dans la séquence qui arrive et notamment cette bataille des retraites", insiste le parlementaire. "C'est ça les sujets qui sont importants aujourd'hui." Problème: ce ne sont pas les seuls à l'ordre du jour des insoumis.

Article original publié sur BFMTV.com