Manuel Bompard à la tête de LFI : Mathilde Panot peine à justifier le mode de désignation

Mathilde Panot, sur franceinfo ce mardi 10 janvier, a eu bien du mal à expliquer la « désignation à l’unanimité » mais sans vote de Bompard à la tête de LFI
Mathilde Panot, sur franceinfo ce mardi 10 janvier, a eu bien du mal à expliquer la « désignation à l’unanimité » mais sans vote de Bompard à la tête de LFI

POLITIQUE - Manuel Bompard, désormais numéro 1 de la France Insoumise, n’a pas été élu mais « désigné à l’unanimité » à la tête de la formation politique. La formule vous fait tiquer ? Ce mardi 10 janvier sur franceinfo, la cheffe des députés insoumis Mathilde Panot a dû développer des trésors d’argumentation pour convaincre que cette décision ne reflétait pas un manque de démocratie interne au mouvement.

Résumé des épisodes précédents : le 5 janvier, Manuel Bompard est officiellement devenu coordinateur de la France Insoumise. L’annonce n’avait rien d’une surprise puisque dès la mi-décembre, le député des Bouches-du-Rhône a fait savoir par la presse qu’il occuperait ce rôle. À l’époque, cette annonce unilatérale avait fait bondir une partie de ses pairs, les députés Clémentine Autain, François Ruffin et Alexis Corbière en tête. Tous ont été écartés de l’espace de coordination. Or, c’est justement cette formation qui désigne – sans vote, c’est là toute l’ambiguïté – le ou la numéro 1 du parti, comme a tenté de l’expliquer Mathilde Panot sur franceinfo.

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La députée a commencé par préciser comment étaient choisis les vingt-un membres de l’espace de coordination : ils sont « soit désignés soit votés par leur espace pour faire partie de cette coordination ». Ensuite, « cette coordination a décidé que ce serait Manuel Bompard qui serait coordinateur », déclare-t-elle.

L’explication vous laisse perplexe ? Elle n’a pas non plus convaincu le journaliste Marc Fauvelle, qui insiste : comment, en l’absence d’un vote, peut-on être sûr que le choix de Manuel Bompard est bien démocratique et approuvé par le plus grand nombre ? Moment de flottement de Mathilde Panot. « Dans la réunion, c’est unanime. Si quelqu’un n’est pas unanime, c’est dit », tente-t-elle de balayer. Avant d’ajouter : « Sinon, vous auriez eu quelqu’un qui serait venu sur votre plateau vous expliquer qu’il n’était pas d’accord ».

À défaut de vote, Panot mise sur « le consensus »

Sauf que c’est précisément ce qui a été fait mi-décembre, quand Manuel Bompard a lui-même annoncé sa nouvelle fonction. Dans les médias, les Insoumis écartés de la direction ont pris la parole pour fustiger une nouvelle direction « choisie par cooptation », selon Clémentine Autain dans Libération.

Depuis, Manuel Bompard s’est défendu, assurant que « le vote n’est pas forcément l’alpha et l’oméga de la démocratie ». Quelles sont les autres options ? Sur franceinfo, Mathilde Panot a tout misé sur « le consensus » déjà appliqué, selon elle, au sein du groupe parlementaire. « C’est très fort […]. Dans notre groupe parlementaire, je suis fière de dire que nous pouvons changer d’avis, par la discussion », indique-t-elle.

De même, pas question de reconnaître que ceux qui, à LFI, portent une ligne légèrement différente de celle de Jean-Luc Mélenchon, ont été « écartés » de la nouvelle direction puisqu’ils ont intégré le « bureau du groupe », que Mathilde Panot présente comme l'espace décisionnaire sur la ligne parlementaire. Sans oublier qu’il reste encore le fameux « conseil politique, qui lui prend les décisions stratégiques »... et dont la composition n’est pas encore fixée.

À en croire Mathilde Panot, les discussions sont en cours et se déroulent dans un climat apaisé. « Hier, nous avons eu un séminaire assez long et contrairement à ce que vous avez peut-être espéré, vous n’avez pas eu de sang et de larmes. Nous nous sommes parlé très franchement, ça s’est très très bien passé et de voir comment nous pouvons avancer sur ces questions-là », a-t-elle déclaré sur franceinfo, sans pouvoir masquer un certain agacement. Pas sûr que ces explications suffisent à apaiser les critiques récurrentes sur le manque de démocratie chez LFI.

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