Manque de moyens et de soutien: le désarroi des victimes de violences conjugales

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Une affiche
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Hayange, Mérignac ou encore Colmar... Ces derniers jours, les cas de violences conjugales mortelles se sont multipliés en France, et selon l'association Féminicides par compagnons ou ex, 49 morts sont à déplorer depuis le début de l'année.

Auprès de BFMTV, Clara, victime de ces violences durant près de 20 ans, témoigne de son quotidien et du manque de soutien des pouvoirs publics, malgré un dépôt de plainte. "Des coups de poing, des coups de pied, des coups de genou sur le visage à me décaler la mâchoire, les dents. Deux mois plus tard, il m'a étranglée", se rappelle-t-elle, encore éprouvée.

"Il continue à me harceler, je l’ai dit à la police mais le seul moyen d’intervenir c’est qu’il rentre chez moi, ce serait trop tard. Il faudrait que je les appelle mais ce ne serait juste pas possible", déplore-t-elle.

Plus de moyens

A notre antenne, Me Sophie Soubiran, avocate spécialisée dans ces affaires de violences conjugales, souligne que les témoignages de cette teneur sont de plus en plus nombreux, et réclame plus de moyens afin de lutter contre ce fléau.

"Je suis obligée de dire à mes clientes que quand elles vont déposer plainte, pour la première fois, il faut qu’elles mettent en œuvre les choses en amont pour assurer leur protection. Ça va être avoir un voisin, une voisine, une amie chez qui elles peuvent se réfugier. Ce serait bien et souhaitable que l’institution aide un peu, là-dessus", martèle-t-elle.

De son côté, malgré sa séparation, Clara dit toujours vivre dans la peur et l'angoisse. Comme protection, elle est équipée du bouton d'alarme MonSherif, qui permet d'alerter rapidement les autorités en cas de danger.

Quels moyens mis en place?

Afin de lutter durablement contre les violences conjugales et le harcèlement, des dispositifs d'éloignement, comme le bracelet anti-rapprochement (BAR), ont été mis en place par les autorités.

Environ 1000 BAR sont disponibles en France actuellement, mais seulement une soixantaine ont été attribués. Ainsi, si la décision d'imposer le port du bracelet peut être prononcée par un juge lors d'une procédure pénale, lors d'une procédure civile, "il faut demander l'accord du conjoint violent avant la pose du bracelet", explique le site Service Public.

Si ce dernier refuse, le juge peut tout de même "saisir le parquet pour qu'une enquête pénale soit ouverte, à la suite de laquelle il pourra décider de l'imposer s'il l'estime nécessaire".

Cette mesure est également limitée dans le temps, elle est ordonnée "pour une durée qui ne peut excéder 6 mois et qui peut être renouvelée sous certaines conditions", et sa durée totale "ne peut dépasser 2 ans".

Article original publié sur BFMTV.com