"Une manipulation": LFI dénonce "les pratiques malhonnêtes de Darmanin" après les résultats officiels

Jean-Luc Melenchon dans un bureau de vote à Marseille, le 12 juin 2022 - CHRISTOPHE SIMON © 2019 AFP
Jean-Luc Melenchon dans un bureau de vote à Marseille, le 12 juin 2022 - CHRISTOPHE SIMON © 2019 AFP

Le ton monte encore d'un cran entre la France insoumise et l'exécutif. Au lendemain du premier tour et de l'annonce des résultats, la Nupes (Nouvelle union populaire écologique et sociale) n'est pas d'accord avec les chiffres du ministère de l'Intérieur.

"Nous dénonçons cette nouvelle manipulation qui vise à faire apparaître artificiellement la coalition présidentielle en tête du premier tour alors qu’elle ne l’est pas par la réalité des suffrages", avance le parti de Jean-Luc Mélenchon dans un communiqué ce lundi après-midi.

"Des faux électeurs comme au Stade de France"

Selon les résultats officiels, la coalition macroniste Ensemble a devancé au premier tour la Nupes d'un peu plus de 21.000 voix seulement, sur 23,3 millions de votants, avec 25,75% des voix (5.857.558 voix), contre 25,66% pour la Nupes (5.836.202).

C'est Manuel Bompard, l'ancien directeur de campagne de la France insoumise et candidat dans la circonscription de Jean-Luc Mélenchon à Marseille, qui a tiré le premier, "accusant le ministère de l'Intérieur de lui attribuer moins" de voix que récoltées "pour faire apparaître artificiellement le parti de Macron en tête", dans la nuit de dimanche à lundi.

Quelques heures plus tard, il a dénoncé le retrait de trois candidats Nupes des calculs du ministère de l'Intérieur, dénonçant un ministre de l'Intérieur "manipulateur", se demandant s'il annonçait "de faux électeurs comme au Stade de France".

Manuel Bompard fait référence au fait que Gérald Darmanin a été mis en cause pour avoir surestimé le nombre de supporters munis de faux billets dans le fiasco de la finale de la Ligue des Champions.

3 candidats PS qui ont renoncé à l'investiture Nupes

Au cœur du débat: les quelque 44.400 voix recueillies par trois candidats: Hervé Saulignac (1ère circonscription de l'Ardèche), Dominique Potier (5ème de Meurthe-et-Moselle) et Joël Aviragnet (8ème de Haute-Garonne). Ces 3 candidats ont été investis par le PS dans le cadre de la Nupes.

Interrogé par l'AFP, le ministère explique avoir "comptabilisé en Divers gauche" ces trois candidats "initialement investis par la Nupes", ces derniers ayant ensuite "déclaré vouloir renoncer à cette investiture" Nupes.

Le ministère fait aussi valoir que la situation est la même pour la majorité présidentielle, par exemple pour le ministre "Damien Abad, dont on peut légitimement penser qu'il est soutenu par Ensemble", et qui "est comptabilisé en Divers droite".

"Tout le monde comprend que ce sont de mauvais perdants"

Pas de quoi convaincre Jean-Luc Mélenchon. "Je laisse les plaisirs de la bidouille à M. Darmanin", a-t-il déclaré sur le plateau de France 2 ce lundi soir. "Il essaie depuis hier soir de tripoter les chiffres, il m’enlève des députés pour masquer que LaREM a subi une lourde défaite", a-t-il poursuivi.

"C'est clair qu'il y a un doute sur ce que fait Darmanin avec les résultats. Tout le monde comprend que ce sont de mauvais perdants. On ne peut pas avoir des moeurs de République bananière", a rétorqué l'ancien candidat à la présidentielle lundi devant le siège de LFI, visant directement le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

"Il y a une intention de répandre l'idée que nous ne pourrions pas y arriver, mais si on peut", a lancé le chef de file de la Nupes.

En cas de victoire de la Nupes dimanche, "une véritable autorité électorale indépendante"

Le communiqué de presse du parti en avait déjà remis une couche ce lundi après-midi.

"Si nous remportons une majorité des suffrages ce dimanche 19 juin, nous mettrons en place une véritable autorité électorale indépendante, débarrassée des pratiques malhonnêtes du ministre Darmanin", peut-on y lire.

Le patron de la place Beauvau n'a de son côté pas réagi. Christophe Castaner, le patron des députés Renaissance (ex-La République en marche) a jugé que la France insoumise "parle de gens qu'ils soutiennent maintenant alors qu'ils ne les soutenaient pas il y a deux jours", ce lundi matin sur France info.

Article original publié sur BFMTV.com

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