Grève et manifestations contre le projet de réforme du lycée professionnel

Les syndicats de l'enseignement professionnel ont organisé jeudi une deuxième journée de grève et de mobilisations pour protester contre un projet de réforme voulu par Emmanuel Macron, avec à la clef des manifestations comme à Marseille et Paris.

A Paris, le cortège, composé de 3.000 personnes selon les organisateurs, s'est élancé vers 14H00 de la place de la Sorbonne, en direction du ministère de l'Education nationale, a constaté une journaliste de l'AFP.

"Lycées pro en colère, on en a marre de la galère" ou encore "les gamins des quartiers populaires ne sont pas de la main d'oeuvre pour actionnaires" étaient scandés par les enseignants, élèves et élus, tandis que sur une banderole de tête on pouvait lire: "pour l'avenir des élèves de la voie professionnelle, non a la casse des lycées pros!".

Selon les chiffres du ministère de l'Education nationale, le taux de grévistes à la mi-journée atteignait 8,84 % dans les lycées professionnels. Il était de 23% selon la rue de Grenelle, le 18 octobre, à l'occasion d'un premier mouvement des syndicats du secteur.

Dans une rare alliance intersyndicale, quasiment toutes les organisations de la voie professionnelle dénoncent une réforme qui prévoit l'augmentation du temps de stages pour les élèves d'au moins 50% ce qui réduirait les heures d'enseignement général.

"L'objectif aujourd'hui c'est de mobiliser et faire pression sur le gouvernement pour qu'il entende et qu'il revienne en arrière sur les projets qui sont annoncés", a déclaré à l'AFP Jérôme Fournier, secrétaire national du SE-Unsa présent dans le cortège parisien.

Sigrid Gérardin, secrétaire générale du syndicat Snuep-FSU, a elle estimé que "le combat est maintenant ancré dans le paysage social et va s'inscrire dans la durée".

A Marseille jeudi matin, des manifestants sont arrivés dans le Vieux-Port en voilier, brandissant des fumigènes avec une banderole hissée portant le slogan "SOS Macron saborde les lycées professionnels". Emmanuel Macron y était représenté en pirate, a constaté une journaliste de l'AFP.

Depuis un mois, la ministre déléguée chargée de l'Enseignement et de la Formation professionnels, Carole Grandjean, a lancé "quatre groupes de travail" sur cette réforme impliquant des représentants syndicaux, des régions, des parents d'élèves, des établissements, des entreprises ou encore des collectivités. Ils doivent se réunir jusqu'aux vacances de Noël, avant des conclusions fin février et une deuxième phase de construction de la réforme ensuite.

Mais dès le premier rendez-vous, malgré un souci d'apaisement du ministère, les principaux syndicats, Snetaa-FO, la CGT et le Snuep-FSU (qui représentent près de 70% des personnels enseignants), n'ont pas souhaité y prendre part, dénonçant "une réforme imposée de manière autoritaire et pyramidale".

Selon l'Education nationale, 626.700 élèves sont scolarisés en lycée professionnel.

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