Manifestation en Géorgie après l'arrestation du chef de file de l'opposition

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MANIFESTATIONS EN GÉORGIE APRÈS L'ARRESTATION DU CHEF DE FILE DE L'OPPOSITION

TBILISSI/MOSCOU (Reuters) - La police géorgienne a fait irruption mardi dans les bureaux du principal parti d'opposition et arrêté son chef de file, Nika Melia, exacerbant une crise politique qui avait poussé la semaine dernière le Premier ministre Giorgi Gakharia à la démission.

Alors que des partisans de Nika Melia s'étaient barricadés dans les bureaux, utilisant du mobilier pour bloquer les portes, plusieurs unités de police ont pénétré dans le bâtiment lors d'un raid mené à l'aube, via le toit, en utilisant des échelles de pompiers.

Selon l'agence de presse Interfax, dix-sept personnes ont alors été blessées lors de heurts qui ont opposé les policiers et les activistes. Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogène.

Nika Melia, chef de file du Mouvement national uni (UNM), a été accusé d'incitation à la violence lors de manifestations en juin 2019. Il nie ces accusations, dénonçant des motifs politiques.

A Washington, le secrétaire d'Etat Anthony Blinken a déclaré que les Etats-Unis étaient "profondément troublés" par l'arrestation de Nika Melia et a appelé le gouvernement géorgien à éviter des actions à même d'exacerber les tensions.

Pour remplacer Giorgi Gakharia, dont la démission a été provoquée par une décision de justice ordonnant l'arrestation de Nika Melia, le parlement a choisi de nommer lundi soir Irakli Garibashvili à la tête du gouvernement.

Dans une vidéo publiée mardi soir sur Facebook, le nouveau Premier ministre a appelé toutes les forces politiques "qui ont notre pays à coeur" à débuter un "vrai dialogue".

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le parlement dans la capitale Tbilissi pour protester contre l'arrestation de Nika Melia.

Un membre de l'UNM a appelé à une manifestation de masse vendredi, selon la presse locale.

Le ministère de l'Intérieur a dit ne pas avoir d'autre choix que de recourir à des mesures coercitives dans les bureaux de Nika Melia après que les activistes ont ignoré plusieurs avertissements leur demandant de ne pas empêcher la police de faire son travail.

(David Chkhikvishvili à Tbilissi, Gabrielle Tétrault-Farber et Tom Balmforth à Moscou; version française Jean Terzian)