Manifestations contre la loi "Sécurité globale": à quoi s'attendre ce samedi?

Jeanne Bulant et Mélanie Vecchio
·3 min de lecture
La
La

Deux semaines après les précédentes "marches des libertés", de nouveaux rassemblements auront lieu ce samedi en France pour obtenir l'abandon de la proposition de loi sur la "sécurité globale", vivement combattu par les syndicats de journalistes, défenseurs des libertés publiques et autres amateurs de "free parties".

Des rassemblements sont notamment prévus à Paris, place de la République en début d'après-midi, et à Lyon, place du Maréchal Lyautey, ainsi que dans des dizaines d'autres villes selon les sites du collectif et de la LDH, notamment à Strasbourg, Rennes, Lille, Chambéry, Arras, Angers, Toulon, ou encore Clermont-Ferrand.

Quatre manifestations à Paris

Dans la capitale, quatre manifestations ont été déclarées dont trois sont à l'initiative de gilets jaunes, a-t-on appris vendredi de source policière. Un rassemblement statique à l'initiative du SNJ (Syndicat national des journalistes) est prévu à partir de 13 heures place de la République. Plusieurs milliers de personnes sont attendues.

Une autre manifestation à l'initiative de Sophie Tissier, figure du mouvement des gilets jaunes, devrait démarrer à 10 heures. Une autre devrait partir à midi de la place de la Nation, jusqu'à la place de la République, afin de rejoindre le rassemblement du SNJ. Enfin, une quatrième manifestation devrait se rendre devant le siège du laboratoire Pfizer à Paris.

Selon nos informations, le préfet de police de Paris a demandé le déploiement de 52 unité de force mobile (UFM). Au moins 42 unités (l'équivalent de 3300 agents) devraient être mobilisées, à date de vendredi soir, un chiffre qui pourrait encore évoluer d'ici samedi. Selon nos informations, le dispositif policier a été revu à la baisse, car l'affluence devrait être moins importante que prévu.

Le retrait de l'article 24 au coeur des revendications

Lancé en novembre par les syndicats de journalistes et la Ligue des droits de l'Homme (LDH), le mouvement auquel se sont greffées depuis de nombreuses autres organisations, et qui est également soutenu par des gilets jaunes, demande le retrait de plusieurs dispositions clés du texte, à commencer par l'article 24 qui pénalise la diffusion malveillante d'images de membres des forces de l'ordre.

Une mesure défendue par le gouvernement, pour qui elle vise à protéger les policiers victimes d'appels à la haine et au meurtre sur les réseaux sociaux. Le collectif "#StopLoiSécuritéGlobale", qui a demandé jusqu'ici sans succès à être reçu par le président Emmanuel Macron, cible également les articles 21 et 22 sur l'usage des caméras-piétons et des drones par les forces de l'ordre. Il s'oppose en outre au "nouveau schéma national du maintien de l'ordre" (SNMO), régulièrement invoqué par les forces de l'ordre pour limiter la couverture médiatique des manifestations.

Des acteurs du monde de la musique électronique mobilisés

Aux organisations qui manifestaient déjà depuis novembre et décembre, aux côtés de multiples gilets jaunes, mais aussi d'opposants à certaines mesures de la loi contre les "séparatismes", se sont ajoutés ces dernières semaines des acteurs du monde de la musique électronique et en particulier des membres du mouvement des "free parties". Ces derniers s'estiment visés par une répression policière abusive après la rave de Lieuron (Ille-et-Vilaine) qui avait réuni 2400 personnes au Nouvel an.

De nombreux teufeurs s'étaient ainsi joints aux "marches des libertés" du 16 janvier, donnant un air de Technoparade aux défilés dans certaines villes. Les "marches de la liberté" du 16 janvier, ont quant à elles rassemblé 34.000 personnes en France selon la police, et 200.000 selon les organisateurs, selon les données fournies par le ministère de l'Intérieur et le syndicat SNJ-CGT à l'AFP.

Article original publié sur BFMTV.com