Manifestations au Nigeria: la police veut reprendre «le contrôle de l’espace public»

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La situation est toujours explosive dans plusieurs autres régions du Nigeria où les gouverneurs locaux prennent des mesures, en ordre dispersé, pour tenter d’étouffer le mouvement de révolte populaire déclenché par l’intervention de l’armée, mardi 20 octobre au soir, contre un rassemblement pacifique de la jeunesse à Lagos. L’inspecteur général de la police a fait publier, samedi 24 octobre, par son porte-parole, un communiqué dans lequel il hausse sérieusement le ton.

Avec notre correspondante à Abuja, Liza Fabbian

Après plusieurs jours d’émeutes et de pillages, la police nigériane entend « reprendre le contrôle de l’espace public » une bonne fois pour toutes.

Son chef, l’inspecteur général Mohammed Adamu, a annoncé une mobilisation de toutes les unités de la police, lesquelles ont ordre d’employer « tous les moyens possibles pour arrêter ce glissement dans l’anarchie et le brigandage ».

Dans plusieurs villes du Nigeria, la révolte populaire s’est transformée en émeutes de la faim, ces derniers jours. Samedi, des milliers de personnes ont méthodiquement pillé et désossé un immense hangar contenant de l’aide alimentaire dans la ville de Jos. Des scènes similaires se sont déroulées dans plusieurs autres villes nigérianes.

La population accuse les autorités d’avoir subtilisé cette aide destinée, à l’origine, aux familles vulnérables affectées par la pandémie de Covid-19 et qui n’aurait jamais été distribuée, alors que les prix de la nourriture ont explosé ces derniers mois.

Dans la mégalopole de Lagos où l’on constate progressivement un retour à la normale malgré d’importants dégâts, les autorités ont annoncé avoir arrêté 229 casseurs présumés.