Manifestations anti-racistes : Paris n'est pas Minneapolis

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Alors que les Etats-Unis s'embrasent après la mort de George Floyd, tué par un policier multirécidiviste des interpellations violentes, près de 20.000 personnes se sont rassemblées à Paris, devant le Palais de justice, à l'appel du collectif Vérité et justice pour Adama Traoré. Une manifestation illégale, puisque les rassemblements de plus de dix personnes sont interdits par l'état d'urgence sanitaire. Une manifestation massive pourtant. Et se contenter de s'offusquer devant l'illégalité de ce rassemblement reviendrait à passer à côté d'un événement majeur que le silence embarrassé des politiques et la couverture minimale des médias vont contribuer à diffuser. La population, majoritairement jeune, qui s'est massée ce mardi soir devant le lieu où se rend la justice en nourrira plus encore l'idée qu'elle est occultée et méprisée par des institutions qui ne la représentent pas.

L'intention politique

C'est toute l'ambiguïté du phénomène. Cette manifestation ne se réduit pas à ce que voudraient en faire les collectifs et groupes politisés qui l'ont organisée. Car la masse des manifestants n'avait justement aucune intention politique, mais portait une revendication de justice et d'égalité dont on peut critiquer le mode d'expression, mais qui nous raconte l'échec tragique de tous les gouvernements, depuis quarante ans, en matière de lutte contre les inégalités sociales, de politiques urbanistiques, de préservation de l'ordre républicain et d'inclusion de tous dans le champ démocratique.



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