Manifestations à Goma : face à la guerre, le désespoir des habitants du nord-est de la RDC

Les habitants de la République démocratique du Congo, épuisés par la guerre dans l'est de leur pays, manifestent devant les consulats français et britannique à Goma. La veille, le président congolais et le ministre des Affaires étrangères rwandais avaient signé un accord pour un cessez-le-feu, demandant aux rebelles du M23 de se retirer de leurs positions.

Les combats ont repris le 20 octobre entre les miliciens du M23 et l'armée congolaise. Le M23, une ancienne rébellion tutsi est considérée par la RDC comme soutenue activement par le Rwanda. Les rebelles se sont emparés récemment de larges territoires au nord de Goma, la grande ville à l'est du pays.

Jean Claude Mbambaze, président de la société civile de Rutshuru, une zone prise par les rebelles, se dit satisfait de cet accord signé : "Mais nous sommes encore pessimistes quant à sa mise en oeuvre, dit-il_, d'autant plus que ce n'est pas le premier accord. Il y a eu beaucoup de sommets, mais les décisions n'ont pas été appliquées."_

John Banyene, président de la société civile du Nord-Kivu, déclare de son côté : _"_Nous exigeons que la communauté internationale - dans son ensemble - demande aux chefs d'Etat rwandais et ougandais de retirer d'urgence leurs combattants camouflés sous l'étiquette M23/RDF/UPDF (groupes rebelles), et qu'elle sanctionne le Rwanda et l'Ouganda pour l'agression contre la RDC depuis plus de 25 ans."

Les affrontements dans le Nord-Kivu ce sont des combats, des viols à répétition, et des centaines de milliers de déplacés. En août, des experts des Nations unies ont déclaré qu'ils disposaient de "preuves solides" que des membres des forces armées rwandaises menaient des opérations dans l'Est du Congo pour soutenir le groupe rebelle M23, mais le Rwanda nie ces allégations.