Une manifestation anti-LGBTQ+ réunit des milliers de personnes à Istanbul

Une manifestation anti-LGBTQ+ réunit des milliers de personnes à Istanbul

Rassemblés à l’appel de plus d’une centaine de groupes et d’associations conservateurs, pour la plupart proches du pouvoir du président Recep Tayyip Erdoğan, les manifestants ont réclamé l’interdiction des associations de défense des droits des homosexuels et des transgenres.

"Protégez votre famille et votre génération", "Nous n’allons pas laisser faire ceux qui font la guerre à la famille", "Dis Non au projet de société sans genre", ou encore "Papa + maman + bébé = famille", pouvait-on lire sur des pancartes brandies par la foule, dont la majorité des femmes étaient voilées, dans le quartier conservateur de Fatih.

Kürşat Mican, l'un des organisateurs, a affirmé qu'ils ont recueilli plus de 150 000 signatures pour demander au Parlement turc une nouvelle loi qui interdirait la propagande LGBTQ+, qui, selon lui, "envahit Netflix, les réseaux sociaux, les arts et les sports."

Une situation qui se dégrade depuis 2015

La dernière Marche des Fiertés officielle en Turquie date de 2014, et avait rassemblé plus de 100 000 personnes. Elle a peu à peu été interdite, et a depuis lieu sans autorisation des autorités, avec des dizaines d'arrestations de participants. La police turque a arrêté près de 400 personnes participant à la Marche des fiertés LGBTQ+ en 2022.

L'homosexualité, dépénalisée en Turquie depuis 1858, n'est pas interdite mais reste largement soumise à l'opprobre sociale et à l'hostilité du parti islamo-conservateur au pouvoir, l'AKP, et à celle du gouvernement du président Recep Tayyip Erdoğan. L’année dernière, le ministre de l’intérieur Süleyman Soylu avait ainsi qualifié les personnes LGBTQ+ de "dégénérés" sur Twitter.

La commissaire européenne aux Droits humains, Dunja Mijatovic, avait appelé "les autorités d'Istanbul à lever l'interdiction en vigueur sur la Marche des fiertés et à garantir la sécurité des manifestants pacifiques". "Les droits humains des personnes LGBT en Turquie doivent être protégés", avait-elle ajouté, réclamant qu'il soit "mis fin à (leur) stigmatisation".