Manifestation à Paris pour l'accueil de migrants sans-abri dans les centres pour les Ukrainiens

© Stéphane Duguet

En France, des centres réservés pour les migrants ukrainiens sont partiellement vides. Pourtant, l'État refuse de les ouvrir à d'autres migrants sans-abri et sans solution d'hébergement. Ce blocage est dénoncé par la Mairie de Paris, mais aussi par plusieurs des acteurs associatifs, qui manifestaient à Paris ce samedi 9 juillet.

A l'appel de neuf associations dont Médecins du Monde et Utopia 56, plusieurs centaines de personnes ont défilé depuis le plus grand centre d'accueil de la capitale situé à Porte de Versailles jusqu'à la préfecture d'Île-de-France. Leur mot d'ordre : ouvrir ces centres aux migrants non-ukrainiens.

À quelques mètres du rassemblement, le centre d'accueil réservé aux Ukrainiens laisse plus de 300 lits vides chaque nuit. Dans le cortège, il y a des familles, des mineurs non accompagnés. Sofia, 29 ans, est portugaise, elle est en France depuis quatre ans avec son conjoint et son bébé. Ils dorment régulièrement dans une tente de fortune.

Elle explique sa présence à la manifestation au micro de notre journaliste Stéphane Duguet : « D'accord, il y a une guerre en Ukraine et je pense qu'on a tous notre cœur avec. Mais il y a beaucoup de places libres aussi ici. Les Ukrainiens ont besoin de nous, mais il y a déjà des personnes en France aussi, qui ont besoin de l'État. Je trouve que c'est surtout une question politique. Et jouer avec les vies des gens pour une question politique, ça ne se fait pas du tout. »

Conséquences sur la santé

Ce mode de vie précaire a des conséquences sur la santé des migrants. Paul Alauzy est chargé de projet « veille sanitaire migrants » et de permanence psychologique au sein de l'ONG Médecins du monde. « Trois semaines à la rue, dans un campement, on est dénutri, on manque de sommeil. Psychologiquement, c'est très très compliqué. On finit par attraper tous les virus qui passent. Si on a une maladie chronique, elle ne fera qu'empirer. C'est une situation qui est indigne. »

Avoir un hébergement est aussi essentiel pour s'intégrer dans la société. Youssouf a quinze ans, il en rêve pour pouvoir étudier. « Avec la tête tranquille, on peut aller à l'école et apprendre beaucoup de choses. Moi, je vais aller à l'école pour pouvoir savoir lire et écrire et apprendre un métier pour pouvoir me défendre. »

Cette nuit encore, et comme des centaines d'autres personnes, Sofia, sa famille et Youssouf dormiront dans la rue.

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