Manifestation à Beyrouth contre les hausses d'impôts

par Ellen Francis
Des manifestants ont jeté des bouteilles d'eau en direction du Premier ministre libanais Saad Hariri dimanche dans le centre de Beyrouth lors d'un rassemblement de quelque 2.000 personnes venues protester contre des projets de hausses d'impôts. /Photo prise le 19 mars 2017/REUTERS/Mohamed Azakir

par Ellen Francis

BEYROUTH (Reuters) - Des manifestants ont jeté des bouteilles d'eau en direction du Premier ministre libanais Saad Hariri dimanche dans le centre de Beyrouth lors d'un rassemblement de quelque 2.000 personnes venues protester contre des projets de hausses d'impôts.

Portant pancartes et banderoles, les manifestants ont envahi la place Riad al Solh pour dénoncer les textes actuellement examinés par le Parlement.

"La route sera longue", a lancé Saad Hariri en tentant de calmer la foule. "Nous serons à vos côtés et nous combattrons la corruption", a-t-il ajouté avant de se faire traiter de voleur et d'être visé par des bouteilles en plastique. Il a quitté les lieux peu après.

Sur Twitter, le Premier ministre a par la suite invité les manifestants à former un comité pour faire valoir leurs demandes et en discuter "de manière positive".

Tania al Khoury, une des manifestantes, a déclaré que le gouvernement ne cessait "d'imposer des taxes qui s'empilent, sans rien fournir en échange, ni services, ni transports publics, ni soins médicaux".

Des dizaines de policiers s'étaient déployés dans le centre de Beyrouth pour protéger les accès au Parlement et au siège du gouvernement, après trois jours de manifestations plus modestes.

Les autorités libanaises cherchent à augmenter les impôts afin de pouvoir conclure un accord sur des hausses de salaires des fonctionnaires.

Plusieurs augmentations ont été votées par les députés au cours de la semaine écoulée, dont une hausse d'un point de pourcentage de la taxe sur la valeur ajoutée.

D'autres hausses doivent être approuvées dans les prochaines semaines et le président, Michel Aoun, doit encore toutes les promulguer pour qu'elles entrent en vigueur.

Le mouvement de protestation a été lancé à l'appel de plusieurs partis et organisations issues de la société civile.

Le parti chrétien Kataëb et le parti socialiste progressiste du chef druze Walid Joumblatt sont fermement opposés à ces nouvelles taxes. Le parti chiite Hezbollah a formulé certaines réserves.

Pendant l'été 2015, un vaste mouvement de protestation antigouvernemental sans précédent, car indépendant des grands partis qui dominent la vie politique libanaise, avait secoué le Liban en raison d'une crise de la gestion des déchets, qui s'entassaient dans les rues.

(Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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