Des manifestants défilent à Paris pour réclamer la réquisition des logements vides

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Environ 350 personnes ont manifesté ce samedi 2 janvier à Paris à l'appel de l'association Droit au logement (DAL) pour demander au gouvernement la réquisition de sept immeubles vides de la capitale.

Sous les banderoles « Un toit c'est un droit » ou « Logement vides, rues pleines », plusieurs membres d'associations, comme Attac, ou du parti Europe Ecologie les Verts (EELV), ont participé à cette manifestation organisée par le Droit au logement qui s'est élancée devant le ministère du Logement.

Des cafards et sans toilettes

Parmi ces manifestants, Nadja Alloun n'a connu que des logements précaires depuis 2005. Elle vit aujourd'hui dans une chambre d'hôtel parisien de 14m² dans des conditions insalubres. « Il y a des cafards, il n'y a pas de toilettes », explique cette Algérienne de 56 ans handicapée. Malgré ses nombreuses démarches, en quinze ans, rien a changé pour elle.

« Rien n'empêche au gouvernement d'appliquer la loi de réquisition », estime le porte-parole du DAL Jean-Baptiste Eyraud. « Il faut appliquer la loi de réquisition de telle sorte à mettre toutes les personnes qui sont à la rue dans de vrais logement. On a beaucoup de foyers et d'hôtels... On entasse les gens dans des hôtels miteux, c'est dur et ça coûte cher. Ce sont des conditions de vie humiliantes pour des gens qui souvent travaillent et font des boulots difficiles », déplore-t-il, regrettant l'absence de réponses aux 412 demandes de réquisitions de sept immeubles parisiens vides déposées le 11 décembre.

Trois millions de logements vacants en France

La manifestation est passée devant trois d'entre eux, situés dans le centre de Paris : d'anciens locaux de la Documentation française, quai Voltaire (VIIe arrondissement), un immeuble du boulevard Haussmann acheté par la BNP Paribas et un bâtiment qui fait face à la gare Saint-Lazare où s'est terminée la marche dans le calme.

Au 1er janvier 2020, près de 3 millions de logements étaient considérés comme vacants par l'Insee, soit 8,3% des logements en France métropolitaine. Une ordonnance de 1945 permet à l'État de réquisitionner ces logements pour loger en urgence des personnes sans abri en échange d'une indemnité d'occupation, pour une durée maximale d'un an renouvelable.