Ces manifestantes #NousToutes font le bilan de la "grande cause du quinquennat" de Macron

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VIOLENCES SEXISTES - “On pourrait faire beaucoup, beaucoup mieux!” Citant les exemples de l’Espagne et du Canada, des manifestantes de la mobilisation #NousToutes de ce samedi 20 novembre ont fait part au HuffPost de leur manque d’enthousiasme face au bilan du gouvernement en matière de lutte contre les violences faites aux femmes.

Alors qu’Emmanuel Macron avait déclaré en 2017 que la fin des violences sexistes et sexuelles serait la grande cause de ce quinquennat, des dizaines de milliers de femmes -50.000 selon les organisateurs, 18.000 selon la préfecture de police (soit moitié moins qu’il y a deux ans, 100.000 selon les organisateurs, 35.000 selon la police)- ont battu le pavé à Paris et dans de nombreuses autres villes de France pour dire “stop” à ce fléau et “exiger des politiques publiques à la hauteur”.

Deux ans après le “Grenelle” contre les violences conjugales, “l’impunité doit cesser. L’éducation à l’égalité doit devenir une priorité”, martelait l’appel à manifester, porté par le collectif féministe #NousToutes et une soixantaine d’associations, syndicats et partis politiques. De nombreuses pancartes sur fond violet, la couleur de cette mobilisation, délivraient des messages comme “ras le viol”, ou “65% des victimes de féminicides avaient pris contact avec la police”.

“Une rigolade”

“Quand on augmente de 60% le nombre de places d’hébergement, quand on vote quatre lois pour accompagner non seulement les victimes mais aussi leurs enfants, quand on fait en sorte que les auteurs soient pris en charge pour éviter la récidive, ce sont des actes factuels”, a plaidé samedi la ministre déléguée à l’Égalité femmes-hommes Elisabeth Moreno sur Europe 1, évoquant également la formation de policiers et gendarmes, la mise en place de bracelets anti-rapprochement et de téléphones grave danger.

“Chaque féminicide est un féminicide de trop mais on peut voir que toutes ces actions commencent à porter leurs fruits”, a-t-elle affirmé. Mais pour Sandrine Bouchait, présidente de l’Union nationale des familles de féminicides présente à la manifestation, “il y a eu quasiment 600 femmes assassinées pendant le quinquennat, c’était censé être une grande cause nationale mais les chiffres sont quasiment les mêmes que ceux du quinquennat précédent, c’est une rigolade”.

101 féminicides depuis janvier

En France, quelque 220.000 femmes sont victimes de violences et 94.000 sont violées chaque année, relève #NousToutes. Depuis le 1er janvier, 101 femmes ont été tuées par leur conjoint, selon le décompte du collectif “Féminicides par compagnon ou ex”. Pour l’ensemble de l’année 2020, le chiffre avait atteint 102 féminicides et 146 en 2019, selon le ministère de l’Intérieur.

“Ce n’est plus possible de tolérer cette violence sur la moitié de l’humanité”, a déclaré le candidat vert à la présidentielle Yannick Jadot, présent dans le cortège parisien et pour qui “il faut des formations, des moyens pour les hébergements d’urgence”. Les organisations féministes estiment que l’État devrait consacrer un milliard d’euros par an à cette lutte, au lieu de 360 millions aujourd’hui. “Nous sommes à quelques centimes près au milliard (d’euros) qu’elles réclament”, a assuré Mme Moreno.

Prévention et lutte contre l’inceste

Elles demandent également des mesures de “prévention”, comme apprendre aux plus jeunes ce qu’est le consentement, et réclament un effort supplémentaire pour créer davantage de places d’hébergement pour les femmes qui fuient leur conjoint violent. Dans une telle situation, environ 40% des victimes ne se voient proposer aucune solution d’hébergement, et seules 12% obtiennent une place adaptée, selon un rapport publié jeudi par la Fondation des femmes.

La manifestation était également l’occasion de dénoncer l’inceste, les violences pédocriminelles ou subies par les enfants dans le cadre conjugal. Pour la première fois, un “cortège chrétien”, porté par des “organisations chrétiennes féministes et LGBTQIA”, a pris part au cortège parisien, “autour des victimes de violences sexistes et sexuelles dans nos Églises”. “C’est important de montrer qu’il y a plusieurs façons d’être catholique”, a témoigné une participante, Alix Bayle, disant pousser “pour une réforme dans l’Eglise”.

À Paris, le défilé a été perturbé en fin d’après-midi par un groupe de militants d’extrême droite, du collectif “féministes anti-immigration”, Nemesis, comme vous pouvez le voir sur ces images filmées ci-dessus par notre reporter.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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