Un manifestant anti-pass condamné pour des inscriptions antisémites dans l'Oise

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(Photo d'illustration) - AFP
(Photo d'illustration) - AFP

Un manifestant anti-pass de 27 ans, Eloi Fauvergue, a été condamné ce mardi à trois mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Compiègne pour "provocation publique à la haine ou à la violence" envers la communauté juive.
Les faits qui lui sont reprochés remontent au mois d'août 2021. Alors qu'ils prend part à une manifestation anti-pass vaccinal à Compiègne, il arbore sur son bob et son torse l'inscription "Qui ?" avec le "Q" surmonté de cornes, signe antisémite utilisé dans les milieux d'extrême-droite pour pointer du doigt des personnalités juives. Une semaine plus tôt, la photo d'une jeune femme coiffée d'un béret, brandissant fièrement une pancarte avec ce même logo lors d'une manifestation antivax à Metz, avait suscité un tollé dans la classe politique et les organisations de lutte contre le racisme et l'antisémitisme.

Les noms de plusieurs responsables politiques, hommes d'affaires et intellectuels, la plupart juifs, étaient ciblés sur ce panneau. Des noms qui encadraient le slogan "Mais qui?" et l'exclamation "Traîtres!!!". La jeune femme, Cassandre Fristot, ex-candidate RN aux législatives, a été condamnée le 20 octobre 2021 à six mois de prison avec sursis pour "provocation à la haine raciale".

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Un "soutien" à Cassandre Fristot

"Mon but était de soutenir Cassandre Fristot pour son courage de manifester. Il n'y avait pas d'interprétation. Je soutenais la liberté d'expression. J'ai trouvé ça beau et original de mettre des cornes sur le Q du Qui", a déclaré le prévenu ce mardi. Il a jugé "surréaliste" d'avoir été placé en garde à vue "pour ça". Interpellé à l'issue de la manifestation les épaules ceintes d'un drapeau "royaliste", il a assuré qu'il ne connaissait pas la signification du logo incriminé.

"J'ai vécu durant un an au sein d'une communauté religieuse. Je n'avais pas accès aux réseaux sociaux, ni à la télévision", a-t-il affirmé.

"Vous avez pourtant posté sur Facebook en mars, mai et juillet 2021", lui a rétorqué la procureure de la République, Marie-Céline Lawrysz. "Monsieur savait quelle communauté était visée par ce 'Qui ?'", a-t-elle estimé. "C'est un racisme perfide qui se nourrit de bons sentiments", a-t-elle dénoncé, requérant 4 mois de prison avec sursis. "Rien ne prouve qu'il vise une communauté en particulier", a pour sa part plaidé son avocat, Ludovic Sartiaux. "Pour le citoyen moyen, le 'Qui ?' ne peut évoquer la haine ou la violence contre une communauté."

Article original publié sur BFMTV.com

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