Mandat d'arrêt suspendu pour Guillaume Soro: les avocats de l'État ivoirien réagissent

Dans un arrêt rendu le 22 avril, la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples a ordonné de surseoir au mandat d'arrêt émis contre Guillaume Soro. Elle ordonne aussi la remise en liberté provisoire de ses 19 proches ou partisans arrêtés depuis la fin décembre dans le cadre de poursuites pour tentative d'atteinte à l'autorité de l'état, et pour détournements de deniers publics et blanchiment.

Dans son argumentaire, la Cour africaine note qu’à six mois de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, et alors que Guillaume Soro est candidat, « l’exécution des mandats d’arrêt et de dépôt contre des personnalités politiques (…) risque de compromettre gravement l’exercice des libertés et droits politiques des requérants ». Cette décision est provisoire, elle ne « préjuge rien sur le fond des affaires », estiment les avocats de l’État ivoirien.

« Devons-nous retenir de cette décision de la Cour, que désormais, à moins de six mois des échéances électorales, aucune personnalité politique ou même une personne pressentie pour faire acte de candidature, ne doit plus être provisoirement privée de liberté dans le cadre d’une information judiciaire pénale en cours contre elle, et ce, sans égard à la gravité des faits reprochés et aux motifs de cette privation de liberté ? » interroge Me Abdoulaye Ben Meïté, l'un des avocats de l’État ivoirien.

Procès de Guillaume Soro le 28 avril

« Cette décision, pousuit-il, intervient au moment où le juge d’instruction commis dans la procédure de détournement des biens publics contre monsieur Guillaume Soro, est définitivement dessaisi au profit du tribunal correctionnel d’Abidjan, par devant lequel ce dernier est renvoyé pour être jugé pour ces faits, dans les tous prochains jours. Toute chose sur laquelle l’ordonnance entreprise reste, évidemment, sans aucune incidence. »

Selon les avocats de l'État ivoirien -partie civile dans cette affaire-, le procès de Guillaume Soro et de ses coaccusés dans le dossier de présumés détournements de fonds et blanchiment se tiendra mardi 28 avril à Abidjan.

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