Malle percée, «barbouzes»: le scénario de la fuite de Carlos Ghosn se précise

L’ancien PDG de l’alliance Renault-Nissan a fui le Japon, où il est poursuivi pour malversations financières, et a trouvé refuge au Liban. Une semaine plus tard, que sait-on de cette fuite extravagante ?

Le scénario commence à prendre forme. Si l’on en croit des images de vidéosurveillance, Carlos Ghosn a quitté seul, et sans difficulté, sa résidence de Tokyo, dimanche 29 décembre 2019, en début d’après-midi. Le visage caché sous un chapeau et par un masque chirurgical - un accessoire courant dans les rues japonaises, pour se protéger de la pollution.

Carlos Ghosn était, certes, assigné à résidence. Mais il pouvait sortir de chez lui et faire des petits voyages à travers le pays.

Pour se rendre de Tokyo à Osaka, il aurait pris le train, en début de soirée le même jour. Dans la nuit de dimanche à lundi, l’ancien magnat de l’automobile serait monté à bord d’un premier jet privé à Osaka, pour se rendre à Istanbul. Lors de ce vol, il aurait été accompagné, selon le Wall Street Journal, par deux citoyens américains, des professionnels de la sécurité.

Une malle percée

Ce sont les seuls passagers enregistrés sur le vol Osaka-Istanbul. Il s’agit de George Antoine Zayek, un professionnel de la sécurité, et de Michael Taylor, un ancien « béret vert » des forces spéciales américaines, qui connaît bien le Liban, le pays de son épouse.

Moins d’une heure après son arrivée à Istanbul, Carlos Ghosn aurait pris un autre avion à destination de Beyrouth. A priori, il aurait passé la frontière au Liban légalement, avec sa carte d’identité libanaise et un passeport français.

Reste à savoir comment l’homme d’affaires a pu sortir du Japon. Selon les autorités nippones, il n’y a aucune trace de son nom à un passage aux frontières. Il est donc soupçonné d’avoir voyagé sous un faux nom. Si l’on en croit toujours le Wall Street Journal, il se serait enfui en se cachant dans une caisse d’instrument de musique.

Devant la presse mercredi

Retrouvé par les autorités turques dans un des jets utilisés, cette malle était percée de petits trous pour lui permettre de respirer. Il faut rappeler qu’au Japon, le contrôle au rayon X des bagages n’est pas obligatoire pour les jets privés. Reste que ce scénario du « caisson à musique » a été démenti par une source de l'entourage de Carlos Ghosn.

L'enquête, elle, est loin d'être bouclée. A Istanbul, les autorités turques ont procédé à plusieurs arrestations, notamment de quatre pilotes. Quant aux deux « barbouzes » américaines, Michael Taylor et George Antoine Zayek, elles se sont évaporées. Une histoire digne d'un film d'espionnage. Carlos Ghosn aurait d'ailleurs, selon Le Monde, signé un contrat d’exclusivité avec la plateforme de vidéos Netflix.

En attendant, la justice libanaise veut l’entendre. Le parquet général a en effet reçu une demande d’arrestation d’Interpol. L’ancien magnat de l’automobile prépare sa défense. Il tiendra, mercredi 8 janvier 2020, une conférence de presse à Beyrouth.

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