Mali : " Le statu quo risque de durer longtemps face à un ennemi invisible et cruel"

Martin Mateso

Au-delà de l’émotion suscitée en Afrique et en France par la mort de 13 soldats français de l’opération Barkhane, tués au Mali, nombreux sont ceux qui se demandent si le temps n’est pas venu de négocier avec tous les groupes armés. Le ministre malien des Affaires étrangères, Tiébilé Dramé, est de ceux qui estiment que la stratégie militaire a montré ses limites. Depuis 2016, l’ancien opposant malien constate que l’armée de son pays s’est effondrée. Elle a besoin de répit pour se reconstruire, plaide-t-il. Même son collègue de la défense, Ibrahima Dahirou Dembélé, ne s’en cache pas face à ses compatriotes députés qui s’inquiètent de l’état de santé de l’institution.

Vous avez raison d'avoir peur. Moi-même, j'ai peur quand je vois mon armée

I. Dahirou Dembélé, ministre malien de la défense

à l'AFP

Même les voisins du Mali, eux-mêmes confrontés au péril jihadiste s’interrogent. C’est le cas du président nigérien Mahamadou Issoufou qui s’inquiète du statut de Kidal, région sous contrôle rebelle qu’il présente comme "une menace pour la stabilité du Sahel". Le président Issoufou se plaint que des groupes armés maliens signataires de l’accord d’Alger de 2015 aient une position ambiguë vis-à-vis des jihadistes, faisant peser le soupçon d’alliances locales et opportunistes entre séparatistes touareg et jihadistes.

Négocier avec (...)

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