Mali et RDC : les populations attendent toujours les vraies ruptures

Par Aymar Nyenyezi Bisoka*, Mahamadou Bassirou Tangara** pour Theconversation.com
·1 min de lecture
Manifestation de soutien au Comité national pour le salut du peuple à Bamako, le 8 septembre 2020. 
Manifestation de soutien au Comité national pour le salut du peuple à Bamako, le 8 septembre 2020.

Le Mali et la République démocratique du Congo (RDC) font partie de ces nombreux États africains qui ont célébré le soixantième anniversaire de leur indépendance en 2020. Ils comptent ainsi parmi les plus jeunes États du monde et se considèrent tous deux comme étant des démocraties, ou du moins sur la voie de la démocratisation. Depuis leurs indépendances, la formation de ces deux États a été affectée par plusieurs crises politiques. Tous deux ont notamment connu un coup d'État dans les années 1960 suivi d'une longue dictature jusque dans les années 1990. Ensuite, il y a eu une longue transition démocratique qui a continuellement été fragilisée par la guerre, l'autoritarisme, de nouveaux coups d'État, de l'ingérence étrangère, etc. Bien que très différents, ces deux pays peuvent beaucoup nous apprendre sur une question importante. Pourquoi les régimes dont l'avènement a été nourri par une contestation populaire en faveur de plus de démocratie et d'État de droit finissent-ils souvent par décevoir ?

Deux pays, des processus similaires

En effet, le Mali vient d'entamer une alternance politique en 2020 après un coup d'État qui a été largement soutenu par une population insatisfaite de la manière dont le régime du président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) a géré le pouvoir. Ce soutien de la population reposait sur un espoir de renouveau ; mais, quelques mois plus tard, la déception est déjà palpable à travers tout le pays.

Il en est de même pour la RDC, qui a entamé [...] Lire la suite