Mali : peut-on encore sauver l’accord d’Alger ?

Par Nicolas Normand*
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Depuis mars 2015, les questions n'arrêtent pas à propos de l'accord d'Alger et de son application. Ici, l'ex-chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop, reçoit les chefs des groupes armés. 
Depuis mars 2015, les questions n'arrêtent pas à propos de l'accord d'Alger et de son application. Ici, l'ex-chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop, reçoit les chefs des groupes armés.

Quid du respect de l'unité territoriale ? Quelle transformation des mouvements armés en partis politiques promouvant pacifiquement leurs programmes ? Quelles réformes ? Ce sont là autant de questions qui justifient qu'on se demande si on peut encore sauver l'accord d'Alger. Sujet particulièrement préoccupant : le désarmement est dans l'impasse depuis six ans. Les milices tiennent à conserver leurs armes, en ont même acquis de nouvelles et les exhibent fièrement. Elles disent qu'il en sera ainsi tant que le gouvernement n'aura pas mis en ?uvre les réformes institutionnelles prévues par l'accord. Mais Bamako n'a pas non plus de garantie que les groupes signataires de l'accord se désarmeront si la régionalisation poussée, telle que prévue, est mise en place. Les milices à dominante ethnique n'auront-elles pas d'autres prétextes pour rester armées, par exemple l'insécurité intercommunautaire ou la lutte contre les djihadistes, comme le font par ailleurs les groupes dits d'autodéfense au centre du pays ? Peut-on sortir de ce dilemme ? Posons le cadre en vue d'avoir quelques éléments de réponse.

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Bamako a plusieurs craintes qu'il va falloir surmonter. Elles l'empêchent d'avancer de son côté. Les voici :

? La régionalisation très poussée, telle que prévue par l'accord, avec l'élection des présidents de région au suffrage universel direct et des [...] Lire la suite