Mali: quelle est la nouvelle donne pour les négociations entre Bamako et la Cédéao?

L’annonce unilatérale par Bamako, lundi 6 juin 2022, de prolonger la transition pour une durée de deux ans, alors que les négociations avec l’organisation ouest-africaine sont toujours en cours, change la situation. La Cédéao a « regretté » cette décision tout en maintenant le dialogue. Les échanges s’éternisaient depuis l’instauration de sanctions économiques contre le Mali en janvier, mais de nombreux signaux semblaient montrer qu’un compromis était proche. Un peu plus de trois jours après la publication du décret présidentiel qui a surpris tout le monde, les langues des diplomates se délient.

Selon plusieurs sources ouest-africaines proches des négociations, le décret présidentiel malien complique clairement les choses. Prolonger la transition de deux années était bien une option pour le médiateur Goodluck Jonathan, mais une option seulement, avec des éléments restant à négocier. L’annonce de Bamako l’a donc surpris autant que tous les chefs d’État de la Cédéao. « Cela conforte les lignes dures, estime une source, le sommet du 3 juillet s’annonce tendu. »

Une « erreur » due à l’ « impatience »

Un diplomate de haut rang dénonce « un décret unilatéral et malheureux », une « erreur » mise sur le compte de l’« impatience » certes « compréhensible » de Bamako, mais qui pourrait pousser certains chefs d’État à poser de nouvelles exigences, voire à refuser « par principe » la durée retenue par Bamako, qui place la Cédéao devant le fait accompli.

Une forme de concession


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