Mali : l'armée française réaffirme ne pas avoir touché de civils lors d'une frappe aérienne

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L'armée française a réaffirmé vendredi qu'elle n'avait pas commis de bavure dans le secteur de Douentza-Hombori, au Mali, lors d'une frappe contre un groupe jihadiste.

La force française antijihadiste Barkhane a indiqué, vendredi 8 janvier, s'être déplacée sur les lieux d'une frappe menée dimanche par son aviation au Mali, réaffirmant qu'elle n'avait touché que des jihadistes alors que des villageois ont rapporté des victimes civiles au même moment dans le même secteur.

"Dans la matinée, une mission terrestre composée de militaires de la force Barkhane s'est rendue sur les lieux de la frappe française réalisée le 3 janvier dernier au nord du village de Bounti", a indiqué l'état-major dans un bref communiqué. "Les éléments recueillis au cours de cette mission sont en tous points conformes à l'analyse et l'évaluation de situation produites jusqu'à présent."

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Les faits qui se sont produits dans le secteur de Douentza-Hombori suscitent depuis plusieurs jours des interrogations sur l'éventualité d'une bavure au cœur de l'un des principaux foyers de la violence qui ensanglante le Sahel.

Des villageois et une association de défense de l'ethnie peule ont fait état d'une frappe aérienne ayant atteint une fête de mariage, faisant une vingtaine de morts dans le village de Bounti. Décrit par plusieurs villageois comme un hélicoptère, l'appareil qui aurait tiré ne pourrait a priori appartenir qu'aux armées malienne ou française, les seules à frapper du ciel malien.

Paris exclut l’usage d’un hélicoptère

Mais la France, qui a gardé le silence jusqu'à mardi, ainsi que les autorités maliennes, affirment que les frappes aériennes visaient bien un groupe de jihadistes. Paris a exclu l'usage d'un hélicoptère, tout comme la présence d'un mariage sur les lieux.

"Cette action de combat", effectuée au moyen de "trois bombes", a permis de "neutraliser" une trentaine de jihadistes, avait rappelé l'état-major jeudi soir, ajoutant que les éléments disponibles permettaient "d'exclure la possibilité d'un dommage collatéral".

Les autorités maliennes, dominées par les militaires depuis le putsch du 18 août 2020, avaient pour leur part livré une version cohérente avec celle de l'armée française. Elles ont annoncé l'ouverture d'une enquête "pour mieux comprendre ce qui s'est passé".

Le silence observé par les autorités avait laissé le champ libre aux spéculations, favorisées par les difficultés d'accès à l'information dans une zone dangereuse et isolée. Aucune image n'est remontée de Bounti.

Les versions des armées et des villageois divergent au point que la concomitance de deux événements distincts n'a pu être catégoriquement écartée.

Avec AFP