Mali : l’accord d’Alger aggrave-t-il l’insécurité au Sahel ?

Par Nicolas Normand*
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Les questions ne manquent pas sur l'impact de l'accord d'Alger sur le Mali, qui a du mal à être appliqué dans son intégralité. Ici, l'ex-ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, serre la main de Bilal Acherif, secrétaire général du MNLA. Nous sommes en janvier 2016. 
Les questions ne manquent pas sur l'impact de l'accord d'Alger sur le Mali, qui a du mal à être appliqué dans son intégralité. Ici, l'ex-ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, serre la main de Bilal Acherif, secrétaire général du MNLA. Nous sommes en janvier 2016.

L'interrogation était arrivée sans qu'on y prête attention. La réponse donnée par l'ex-chef d'État a de quoi faire continuer à réfléchir sur les multiples conséquences de cet accord pour la paix et la réconciliation au Mali. Pour Mahamadou Issoufou, le doute n'est pas permis, la mise en ?uvre de l'accord déstabilise la région : « Kidal est une menace pour la sécurité intérieure du Niger. » Il ajoute : « Il y a des mouvements signataires des accords de paix d'Alger qui sont de connivence avec les terroristes. Nous ne pouvons l'admettre », a-t-il publiquement déclaré en septembre 2019.

C'est un fait que la situation sécuritaire du Sahel n'a cessé de se détériorer à partir de 2015, année de signature de l'accord, malgré un cessez-le-feu correctement observé entre les groupes armés signataires et l'armée malienne (mais pas entre groupes armés) et malgré la présence militaire française de Barkhane pour combattre les djihadistes. Deux phénomènes sont apparus à partir de 2015 : de violents combats entre les groupes signataires rivaux au Nord et une extension du conflit vers le centre du Mali, puis vers le Burkina Faso et le Niger à partir de 2016.

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