Mali : l’accord d’Alger, chimère ou réalité ?

Par Nicolas Normand*
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L'accord d'Alger de mai 2015 était censé régler la crise malienne. On attend toujours son application dans toutes ses dispositions.

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L'accord d'Alger de mai 2015 était censé régler la crise malienne. On attend toujours son application dans toutes ses dispositions. .

On sait que la crise que connaît aujourd'hui le Sahel est partie de l'implosion du Mali en 2012. Cette année-là, les débordements des conflits algériens et libyens ont mis le feu aux poudres dans le nord de ce pays. Djihadistes algériens, mercenaires touaregs de Kadhafi et chefs féodaux locaux de la tribu des Ifoghas se sont rassemblés pour battre l'armée malienne. Ils ont coupé le pays en deux pendant neuf mois. Un émirat indépendant, sorte d'« Azawad » islamiste, se mettait alors en place au nord et tentait même de s'étendre.

Seule l'intervention de l'armée française en 2013 (opération Serval) a permis de réunifier le pays. La France décida alors de traiter la crise en deux étapes : un volet politique ? curieusement délégué à l'Algérie ? pour répondre aux revendications des nomades touaregs révoltés contre Bamako et un volet armé contre les djihadistes, essentiellement assuré par la France et qui se poursuit avec Barkhane. Le tout est doublé d'une force de plus de 10 000 Casques bleus (la Minusma) au rôle bien incertain de « maintien de la paix ».

Cette double approche s'est heurtée à de dures réalités puisque la crise s'est étendue : d'un côté, les djihadistes dominent de vastes territoires et accroissent de jour en jour leurs attaques, de l'autre, le volet politique formalisé dans l'accord de 2015 signé à Alger « pour la paix et la réconciliation au Mali » se trouve paralysé, aucune réforme n'ayant pu être mise en place tandis que les ex-séparatistes, no [...] Lire la suite