Mali: une enquête de l'ONU conclut qu'une frappe française a tué 19 civils en janvier

Hugo Septier avec AFP
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Des soldats de l'opération Barkhane en patrouille au Mali en mars 2016 - PASCAL GUYOT © 2019 AFP
Des soldats de l'opération Barkhane en patrouille au Mali en mars 2016 - PASCAL GUYOT © 2019 AFP

Les faits remonteraient au 3 janvier dernier. Une enquête des Nations unies conclut qu'une frappe aérienne conduite par l'armée française au Mali a tué 19 civils réunis pour un mariage, et non pas seulement des jihadistes, comme l'a soutenu Paris jusqu'alors, selon un rapport consulté par l'AFP.

Au terme de l'enquête menée par la Division des droits de l'Homme de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma), appuyée par la police scientifique des Nations unies, sur ces évènements survenus près de Bounti dans le centre du pays, la Minusma "est en mesure de confirmer la tenue d'une célébration de mariage qui a rassemblé sur le lieu de la frappe une centaine de civils parmi lesquels se trouvaient cinq personnes armées, membres présumés de la Katiba Serma", assure le résumé du rapport. La Katiba Serma est affiliée au Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM, ou JNIM en arabe), alliance jihadiste elle-même affiliée à Al-Qaïda.

Dans la foulée, Paris a réfuté toute bavure et a émis des "réserves" sur le rapport de l'ONU.

Enquête indépendante, crédible et transparente

Au moins 22 personnes ont été tuées, dont trois des membres présumés de la Katiba Serma - 19 sur le coup, 3 au cours de leur évacuation, affirme le document.

Le groupe touché "était très majoritairement composé de civils qui sont des personnes protégées contre les attaques au regard du droit international humanitaire", dit la Minusma.

La Minusma "recommande" aux autorités maliennes et françaises de diligenter "une enquête indépendante, crédible et transparente". Elle préconise d'examiner les processus préalables aux frappes, voire de les modifier. Elle recommande aussi aux Français et aux Maliens de chercher à établir les responsabilités et d'octroyer le cas échéant une réparation aux victimes et à leurs proches.

Article original publié sur BFMTV.com