Mali: Démission du président Bah Ndaw et du Premier ministre Moctar Ouane

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MALI: DÉMISSION DU PRÉSIDENT BAH NDAW ET DU PREMIER MINISTRE MOCTAR OUANE

BAMAKO (Reuters) - Le président et le Premier ministre intérimaires du Mali ont démissionné mercredi, deux jours après avoir été arrêtés par l'armée, a déclaré un assistant du vice-président, laissant entrevoir une amplification de la crise politique et un possible conflit avec des puissances internationales.

Des soldats, dirigés par le vice-président par intérim Assimi Goita, ont arrêté lundi le président Bah Ndaw et le premier ministre Moctar Ouane et les ont conduits sur une base militaire à Kati, en dehors de la capitale Bamako.

Ces arrestations, qualifiées par plusieurs grandes organisations internationales de "tentative de coup d'État", ont eu lieu quelques heures après que deux membres de l'armée ont perdu leur poste lors d'un remaniement gouvernemental.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a appelé mercredi à la libération immédiate des représentants actuellement détenus par des membres des forces de sécurité et de l'armée.

"Le président et son Premier ministre ont démissionné. Des négociations sont en cours pour leur libération et la formation d'un nouveau gouvernement", a déclaré un assistant d'Assimi Goita, dans des commentaires transmis à Reuters par les militaires.

S'exprimant plus tard lors d'une conférence de presse, Baba Cissé a indiqué que la détention de Bah Ndaw et Moctar Ouane serait assouplie progressivement, en tenant compte de considérations sécuritaires.

Bah Ndaw et Moctar Ouane étaient chargés de superviser une transition de 18 mois vers le retour à un régime civil, après que l'armée a renversé le président Ibrahim Boubacar Keita en août.

Le colonel Assimi Goita a annoncé mardi avoir pris le pouvoir en assurant que la transition se poursuivrait comme prévu, avec l'organisation d'élections présidentielle et législatives l'an prochain.[L5N2NB53U]

Les démissions des deux dirigeants ont eu lieu pendant la visite d'une délégation de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

Au cours d'une réunion avec Assimi Goita, tard dans la journée de mardi, la délégation dirigée par l'ancien président nigérian Goodluck Jonathan a évoqué la possibilité de sanctions contre les officiers responsables de la prise de pouvoir, selon un responsable militaire présent à la réunion.

Les pays voisins du Mali et les puissances internationales craignent que cette nouvelle crise politique ne déstabilise davantage un pays que des groupes islamistes liés à Al-Qaïda et à l'État islamique utilisent comme base arrière pour des attaques dans toute la région.

(Tiemoko Diallo et Paul Lorgerie; version française Hayat Gazzane, édité par Jean Terzian)

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