Mali: un chef religieux proche des islamistes pose ses conditions pour la réouverture des écoles

© Moulaye Sateh / AP

Dans la région de Tombouctou, dans le nord-ouest du Mali, 207 écoles sur les 751 existantes sont fermées, essentiellement pour des raisons liées à l’insécurité. Pour aider à les rouvrir, un chef religieux, proche des jihadistes, pose au moins trois conditions aux autorités.

Avec notre correspondant dans la région, Serge Daniel

Houka Houka Ag Alhousséni, juge islamique de Tombouctou au temps de l’occupation jihadiste du nord du Mali en 2012, est actuellement sous le coup de sanctions de l’ONU. Mais il demeure influent dans sa région.

Pour la réouverture des écoles fermées dans le nord-ouest du Mali, l’homme exige, dans une lettre authentifiée par RFI, le port de tenues conformes à l’islam et une stricte séparation des garçons et des filles dans les écoles. Et si les élèves de sexes opposés doivent malgré tout se retrouver dans la même classe, leurs rangées doivent être séparées par une barrière.

Arrêté il y a un peu plus de cinq ans par les militaires français, le personnage avait été remis aux services de sécurité du Mali avant d’être libéré dans le cadre d’échange de prisonniers entre Bamako et les groupes jihadistes. Il pose d'autres conditions : l’arabe et l’étude du coran doivent être introduits dans l’enseignement, précise-t-il également dans la lettre adressée au Représentant de l’État malien à Tombouctou.

Houka Houka impose également pour la réouverture des écoles, un enseignement rigoriste des préceptes de l’islam et le paiement obligatoire de la Zakat, l’impôt islamique.


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