MALI. Ansar Dine coupé en deux

L’homme appelle d’Alger. Je reconnais la voix de celui qui négociait au nom d’Ansar Dine à Ouagadougou deux mois plus tôt. Il est calme, comme d’habitude, même si on sent chez lui un certain soulagement : "Nous créons un nouveau mouvement !" Derrière ce "nous", il y a la plus grande partie de l’État-major politique d’Ansar Dine. Mais sans son chef, Iyad Ag-Ghali.

Explication : pendant des semaines, une délégation a négocié à Ouagadougou, pays médiateur, pour essayer de trouver une solution politique à la crise. Les Touaregs d’Ansar Dine réclament une reconnaissance de leur identité, une autonomie économique et politique et même la possibilité de créer des unités de sécurité touareg pour lutter contre le désordre, la criminalité et le trafic de drogues. Ils prônaient également la charia, comme un code religieux et moral, sans la brutalité des djihadistes d’Aqmi ou du Mujao.

La dérive tragique d’un chef

Au bout de quelques semaines de négociations, ils étaient prêts à mettre la loi religieuse de côté, et même à trouver les moyens pour lutter contre les terroristes d’Al-Qaïda, - arabes étrangers d’Aqmi et arabes noirs du Mujao de Gao, - dont les prises d’otages, les mutilations, les lapidations et les actes terroristes discréditent les revendications touaregs.

Las, c’était sans compter sans la dérive de leur chef charismatique, Iyad Ag-Ghali, ex-rebelle touareg et chef de la tribu des Iffoghas de Kidal, converti à un islam enflammé et partisan acharné de la loi du coran. Idéologiquement, Ansar Dine était déjà coupé en deux. La rupture définitive (...)

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