Du Mali à la RDC, “la chasse aux casques bleus est ouverte”

Photo ALEXIS HUGUET/AFP

Trente-six morts dont quatre Casques bleus et 32 manifestants. C’est le bilan officiel, mais surtout lourd, sur une semaine, de manifestations contre la présence de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco).

Et la tension reste vive entre la mission onusienne et les Congolais, qu’ils soient populations civiles ou dirigeants. La dernière escalade dans cette crise est la demande par les autorités congolaises du départ du porte-parole de l’ONU en RD Congo. Mathias Gillmann, c’est son nom, est accusé de jeter de l’huile sur le feu, à travers un entretien qu’il a accordé à nos confrères de RFI. [Les propos qui sont reprochés à Mathias Gillmann datent du 13 juillet dernier. Lors d’un point presse, il a affirmé que les terroristes du M23 disposent d’armes plus sophistiquées que ce qu’ils avaient il y a quelques mois”. Réaction du gouvernement : “C’est un aveu d’impuissance pour la Monusco”, une déclaration “qui démotive les militaires au front et qui démontre clairement l’état d’esprit des Casques bleus”.]

Un mandat restreint

Pourtant, rien ne devrait justifier ces violences et morts qui ne font qu’empoisonner davantage les relations entre Kinshasa et le palais de verre de New York [siège de l’ONU]. Du reste, le planning de retrait progressif de la Monusco de la RDC à l’horizon 2024 est déjà sur la table, et le pouvoir de Félix Tshisekedi [président de la RDC] en a même demandé la réévaluation.

Sauf que les Congolais, pour qui la Monusco n’est pas en mesure de les protéger contre les agressions extérieures, notamment celles du M23, veulent précipiter ce départ, qui est loin d’être la panacée contre les guerres civiles dans ce pays-continent dont la richesse inouïe du sous-sol suscite des convoitises, tant de politiciens et divers groupements d’intérêt économique locaux que des pays voisins et de puissances étrangères.

Et cela ne date pas d’aujourd’hui. Les différentes rébellions qui ont contribué à l’instabilité d’une RD Congo qui n’a jamais réellement connu la paix sur l’ensemble de son territoire, de Mobutu Sese Seko [président de la RDC de 1965 à 1997] à Félix Tshisekedi [élu en 2018], en passant par les Kabila fils et père [Joseph Kabila, président de la RDC de 2001 à 2019 et Laurent-Désiré Kabila, père du précédent et président de la RDC de 1997 à 2001], sont-elles du fait de la Monusco, qui n’a déposé ses pénates en sol congolais qu’en juillet 2010, munie d’un mandat léger de stabilisation, et sans possibilité d’initiative offensive ?

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