Malgré le ralentissement de l’épidémie, les Japonais persistent à porter le masque

PHOTO KIM KYUNG-HOON / REUTERS

L’épidémie de Covid-19 a beau ralentir, avec quelque 30 000 nouveaux cas quotidiens au niveau national, l’écrasante majorité des Japonais continuent de porter le masque. Ils n’y sont pourtant plus obligés par la loi puisque toutes les restrictions sanitaires ont été levées en mars dernier. À l’heure où des pays comme la France ou l’Angleterre abandonnent progressivement l’obligation du port du masque, les Japonais ne quittent plus ce nouvel élément de leur garde-robe, même quand cela n’est pas forcément nécessaire, par exemple pour la course à pied ou même en vélo, relate le journal Mainichi.

Cette tendance ressemble de plus en plus à une obsession, selon le quotidien qui publie un article intitulé : “Quand pourrons-nous enlever nos masques ?” Kei Hirai, professeur à l’université d’Osaka et spécialiste de la psychologie de la santé, expose deux raisons à ces précautions. Il invoque notamment le manque de communication entre les Japonais concernant les modes de contamination ; à l’inverse de l’étranger où “il est de notoriété publique que les particules en suspension dans l’air sont la principale cause d’infection [et que] pour ne pas être infecté, l’important est d’éviter les endroits où il y a une concentration de virus, qu’on porte le masque ou non”. Le masque serait également devenu une sorte de “norme sociale”. “Ne serait-ce que pour l’apparence, [les Japonais] essaient de s’y conformer, de peur de sortir du lot”, explique Kei Hirai.

Éviter le regard condescendant

L’épidémiologiste japonais Tetsuya Matsumoto reconnaît une utilité au masque tant que l’épidémie continuera de provoquer des dizaines de milliers de nouveaux cas chaque jour. Il admet cependant que l’obsession autour du masque va parfois “trop loin”.

Il y a des gens qui le mettent 24 heures sur 24 juste pour éviter le regard des autres. On pourrait revoir cela surtout quand il s’agit des situations où le masque n’est pas nécessaire”.

Pour les spécialistes interrogés par le journal, les Japonais tomberont le masque seulement quand les conditions favorables seront réunies : quand les variants dangereux auront disparu et qu’un traitement efficace et accessible à tous sera mis sur le marché. Cette étape franchie, “le gouvernement devra lister les situations concrètes dans lesquelles il sera possible de les enlever sans risque d’infection”, suggère Hirai.

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