Malgré sa diversité, le Texas tête de pont des idées conservatrices

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Armé de la loi sur l'avortement la plus restrictive des Etats-Unis, le gouverneur du Texas Greg Abbott a fait du grand Etat du sud un laboratoire des idées conservatrices dans une Amérique divisée et encore fortement marquée par la présidence de Donald Trump.

Cette loi emblématique, qui bannit les interruptions de grossesse après six semaines, est actuellement sous la loupe de la Cour suprême des Etats-Unis qui prévoit d'en débattre le 1er novembre.

Mais Greg Abbott vient aussi de signer un autre texte obligeant les étudiants transgenres à participer aux équipes sportives de leur sexe de naissance.

C'est le dernier d'une longue série. En quelques mois, ce Texan catholique qui fêtera ses 64 ans en novembre a fait appliquer un ensemble de lois hétéroclites dont le seul point commun est de séduire la frange la plus à droite de l'Etat.

Pourtant, les 29 millions d'habitants du Texas, à 40% hispaniques ou latinos, sont loin d'être tous acquis au vote républicain. En 2016 et 2020, Donald Trump y a bénéficié d'une courte majorité avec 52,23% et 52,06% des voix.

Les élections au Sénat sont souvent serrées et les démocrates dirigent plusieurs grandes villes, comme la capitale Austin ou la plus grande agglomération Houston.

Certains voient dans ce zèle conservateur le signe d'une ambition qui irait bien au-delà des frontières du Texas.

- Vice-présidence ou présidence en vue -

"Vu ses actions, je ne serais pas surpris qu'il cherche une nomination présidentielle en 2024" lors de la primaire républicaine, explique Juan Carlos Huerta, professeur de sciences politiques à l'université Texas A&M - Corpus Christi.

"Pour l'instant, la validation de la candidature de Trump pour 2024 semble acquise, mais les choses changent en politique", explique-t-il, évoquant de possibles ennuis judiciaires pour l'ancien président républicain.

Donald Trump n'a pas formellement dévoilé ses intentions pour la prochaine élection présidentielle, mais ses paroles et ses actes pointent clairement vers une nouvelle candidature. Il n'empêche, dans son ombre, plusieurs républicains se préparent.

Pour Erica Grieder, éditorialiste au quotidien Houston Chronicle, vu le nombre de concurrents, parmi lesquels le gouverneur de Floride Ron DeSantis, "il est plus probable qu'Abbott se positionne pour avoir un rôle dans une deuxième administration Trump (…), peut-être même comme vice-président".

Au Texas, comme à l'échelle nationale, le parti républicain penche très nettement à droite, sous l'influence et le contrôle de l'ancien président. Et il faut souvent donner des gages de conservatisme pour l'emporter.

Depuis le 1er septembre, quiconque au Texas peut porter une arme sans permis ni formation, l'État peut sanctionner les grandes villes qui réduisent le budget de leur police, les équipes sportives financées par l'État doivent obligatoirement jouer l'hymne américain avant leur match, le campement de sans-abris est criminalisé, etc...

En août, 25 millions de dollars ont été alloués à la construction de plus de trois kilomètres de mur à la frontière avec le Mexique, où le gouverneur s'affichait le 30 juin avec Donald Trump.

Dans son propre Etat, le gouverneur, qui se déplace en fauteuil roulant depuis qu'un arbre s'est abattu sur son passage alors qu'il faisait un jogging en 1984, est fortement concurrencé sur sa droite.

Greg Abbott doit en effet gagner la primaire texane de son parti, en mars, s'il veut garder son poste de gouverneur.

L'un de ses rivaux, Allen West, refuse les vaccins anti-Covid qu'il juge "dangereux". Il a contracté le virus et s'est fait hospitaliser au début du mois, malgré la prise de traitements controversés.

Bien que lui-même vacciné, Greg Abbott a publié un décret controversé qui empêche les employeurs d'imposer le vaccin à leurs salariés. "J'ai voulu agir(…), dire que personne ne pouvait être obligé de se faire vacciner" a-t-il expliqué dans une vidéo diffusée le 20 octobre.

"Pour se protéger de ces attaques à sa droite, Abbott doit aller à la droite de ces candidats", analyse Jeronimo Cortina, professeur de sciences politiques à l'Université de Houston. "Cette élection primaire doit être gagnée largement (…) si l'on veut être un candidat d'unité".

Or, "les personnes qui votent à la primaire des Républicains sont plus conservatrices que l'ensemble de la population, et même que la plupart des Républicains", décrypte Juan Carlos Huerta.

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