Malgré la chute d'Omar El-Béchir, les milices soudanaises continuent leurs massacres

Parsemée de cendres, la terre est recouverte d'un dégradé de gris. Le camp de déplacés de Krinding, l'un des plus grands du Darfour-Occidental, s'est transformé en village fantôme. Il ne reste que les murs en terre rougeâtre, débarrassés de toits, à la place des milliers de maisons construites par les tribus africaines qui avaient fui la guerre, déclenchée en 2003. Tous les meubles ont disparu. Le corps d'un âne et la tête d'un poulet carbonisés sont les seules traces d'une vie récente. "Ils ont commencé par attaquer le marché, à tirer sur les femmes et les enfants et à les jeter dans les flammes. Puis, ils ont tout dévalisé avec la bénédiction du gouvernement", accuse Mokhtar Mohamed, l'un des représentants du camp.

Le jeu trouble des Forces de soutien rapide

Sur son téléphone, cet homme d'une cinquantaine d'années montre la vidéo d'une foule hurlante appelant à "détruire le marché puis nettoyer la région des camps de déplacés" face au chef local des Forces de soutien rapide (FSR), Musa Ambalo, impassible à l'image. La présence de ce dernier n'a rien d'anodin. Les FSR sont une branche de l'appareil sécuritaire créée par l'ancien président soudanais, Omar El-Béchir, accusé de génocide, crime de guerre et crime contre l'humanité pour la guerre au Darfour, qui a opposé justement les tribus africaines au pouvoir central. Formées en 2013, les Forces de soutien rapide recrutent notamment au sein des milices arabes Janjawid du Darfour.

Depuis le déclenchement de la révolution qui a...


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