Maladies cardiovasculaires, une Europe inégale

En Europe, la proportion de femmes (51%) décédées des suites d’une maladie cardiovasculaire est supérieur comparée aux hommes (42%). ©Phovoir

En Europe, la proportion de femmes (51%) décédées des suites d’une maladie cardiovasculaire est supérieur comparée aux hommes (42%). ©Phovoir

Dans la plupart des pays d’Europe, les maladies cardiovasculaires figurent comme la première cause de mortalité. Mais un net recul est observé. Notamment grâce à une « une meilleure efficacité des traitements et des hospitalisations anticipées », selon des chercheurs britanniques. Lesquels ont également révélé de grandes inégalités entre l’est et l’ouest de l’Europe.

« Dans la région Europe, la mortalité liée aux attaques cardiaques et accidents vasculaires cérébraux tend à diminuer », révèle une étude publiée dans l’European Heart Journal. Pour le prouver, l’équipe du Dr Mélanie Nichols (University of Oxford) et des chercheurs australiens (Deakin University) se sont appuyés sur les données de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à travers 52 pays du continent.

Ainsi, au mois de février 2014, l’agence onusienne recensait 4 millions de patients (1,9 million d’hommes / 2,2 millions de femmes) décédés d’une maladie cardiovasculaire. De fortes disparités entre l’est et l’ouest du continent ont par ailleurs été mises en évidence. Ainsi, « tous âges confondus, le taux de mortalité lié aux maladies cardiovasculaires est six fois supérieur en Russie comparé à la France ».

En observant les taux de décès prématurés auprès de patients, il ressort que :

  • Chez les seniors, 3 décès cardiovasculaires sur 10 causés surviennent avant 65 ans ;
  • Chez les femmes, le risque de décéder des suites d’une maladie cardiovasculaire est plus élevé que chez les hommes (51% contre 42%).

Facteur obésité…

Selon l’étude, les victimes de maladies cardiovasculaires vivent aujourd’hui plus longtemps grâce à l’amélioration des traitements. « En prévention, les statines, de plus en plus prescrites, aident à réduire le risque de maladies cardiovasculaires ». Par ailleurs, les admissions de patients à l’hôpital dès les premiers symptômes d’une crise cardiaque ou d’un accident vasculaire cérébral sont de plus en plus nombreuses. « Cette anticipation permet de sauver des vies, tout comme la meilleure prise de conscience des facteurs de risque comme que le tabagisme ».

Aujourd’hui, dans certains pays, le « cancer provoque aujourd’hui autant de décès que les maladies cardiovasculaires », pointent les auteurs. C’est le cas de la Belgique, de la France, du Portugal, ou encore de l’Espagne. « Mais il faut rester prudent face au recul de la mortalité par maladie cardiovasculaire. Cette tendance pourrait s’inverser par la forte prévalence de l’obésité à l’échelle mondiale, l’un des facteur de risque favorisant le développement de maladies cardiovasculaires ».