Maladie de Parkinson : la découverte de la protéine aux trois visages

ANKE VAN DER PERREN

Les chercheurs en ont la confirmation : l'alpha-synucléine peut adopter plusieurs formes menant à trois maladies neurodégénératives distinctes. Une découverte qui ouvre de nouvelles pistes de recherche pour mettre au point des méthodes diagnostiques précoces de ces affections, dont Parkinson.

Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir - La Recherche n°904, daté juin 2022.

Maladie de Parkinson, démence à corps de Lewy, atrophie multisystématisée. Trois maladies très différentes, tant dans leur développement que dans leurs symptômes. Pourtant, confirment aujourd'hui les chercheurs, elles possèdent au moins un point commun fondamental : toutes sont dues à l'accumulation aberrante dans le cerveau d'une seule et même molécule, la protéine alpha-synucléine.

Comment cela est-il possible ? Une équipe de chercheurs a élucidé ce mystère dans un article de la revue Acta Neuropathologica. Il s'avère que la protéine est transformiste et peut adopter différentes formes, chacune conduisant à un mal spécifique. Cela était suspecté depuis longtemps (lire S. et A. n° 822, août 2015). Il n'y a aujourd'hui plus de doute, les scientifiques ayant mis en évidence les différences structurelles existant entre des agrégats extraits de cerveaux de patients décédés de l'une de ces trois maladies qualifiées de "synucléinopathies". Lorsque les agrégats de protéines sont réinjectés dans le cerveau de rongeurs, ceux-ci développent des symptômes et des caractéristiques propres à chaque maladie. Par exemple, ceux à qui ont été injectés des agrégats d'alphasynucléine provenant de personnes décédées d'atrophie multisystématisée ont vécu une progression très rapide de la pathologie. Au contraire, chez des animaux auxquels ont été inoculés des agrégats d'alpha-synucléine de patients souffrant de la maladie de Parkinson, la progression du mal a été plus lente. Deux dynamiques conformes à celles observées chez l'être humain : l'atrophie multisystématisée est une affection foudroyante qui emporte le malade en deux courtes années, tandis que la maladie de Parkinson évolue très lentement sur un peu plus d'une décennie.

Car, dans le monde des protéines, si la composition en acides aminés est importante, c'est avant tout la forme tridimensionnelle adoptée qui définira la fonction des mol[...]

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