Les malades chroniques traités à la chloroquine sont-ils immunisés contre le coronavirus ?

Le débat sur l’efficacité de l’hydroxychloroquine soulève une question : les malades traités au long cours avec cette molécule sont-ils mieux protégés, voire immunisés, contre la transmission du coronavirus ?

“Sont-ils mieux protégés que les autres face au coronavirus ? Je suis curieux de le savoir”... À l’image de l’infectiologue François Bricaire, les scientifiques qui débattent de l’efficacité du protocole au Plaquenil (le nom commercial de l’hydroxychloroquine) mis en place par le professeur Didier Raoult, s’interrogent aussi sur les malades soignés au long cours avec cette molécule. En France, le Plaquenil est essentiellement prescrit pour deux pathologies. Le lupus érythémateux disséminé, une maladie auto-immune qui se caractérise par des problèmes cutanés et des douleurs articulaires.

Il touche environ 40.000 personnes, essentiellement des femmes, dont la grande majorité est soignée avec cet antipaludéen en traitement de fond. Plus commune, la polyarthrite rhumatoïde est une maladie dégénérative inflammatoire chronique, qui touche 300.000 Français environ. Dans cette pathologie, le Plaquenil n’est prescrit qu’à une minorité de patients, en substitution du traitement de fond habituel, le méthotrexate.

Si l’hydroxychloroquine permet bien de diminuer la charge virale des malades du coronavirus, comme l’affirme le professeur Didier Raoult, on peut supposer que les lupiques et les personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde, qui sont traités au Plaquenil depuis des mois, voire des années, réagissent différemment face au virus. D’autant plus que la posologie des premiers (400mg de Plaquenil par jour) est proche de celle du “protocole Raoult”, qui prescrit 600mg d’hydroxychloroquine par jour, parfois en association avec de l’azythromycine, un antibiotique.

Les premiers scientifiques à s’être posés cette question sont des médecins issus du Renmin Hospital de Wuhan, foyer majeur de l’épidémie. En parallèle de leur récent essai clinique sur l’hydroxychloroquine, ils ont enquêté après de 80 patients atteints de lupus, et donc traités au long cours avec ce médicament. Conclusion, aucun d’entre eux n’avait été infecté par le coronavirus, ni présenté les symptômes

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