Le mal-être des étudiants quantifié dans une étude-choc

Pensées suicidaires, signes dépressifs, isolement... Les conclusions d'une enquête menée pour la mutuelle LMDE dessinent un climat difficile chez les jeunes adultes.

ÉTUDES SUPÉRIEURES - Les chiffres sont inquiétants, révélateurs aussi d’un contexte dégradé par la pandémie de Covid. Ce lundi 11 juillet, les conclusions d’une enquête menée par l’institut CSA pour la mutuelle étudiante LMDE évoquent un climat particulièrement difficile pour la jeunesse, entre pessimisme prégnant et souffrances psychologiques.

Dans cette enquête menée sur plus de 3200 étudiants et révélée par franceinfo, 70% des personnes interrogées se disent ainsi en situation de mal-être, en augmentation (+5 points) par rapport à 2019 et 68% décrivent des symptômes dépressifs. “Une tendance de fond déjà identifiée” par la LMDE, mais dont l’ampleur inquiète “fortement” les responsables de la mutuelle.

D’autant que ce chiffre s’accompagne d’un autre, tout aussi terrible: 36% des étudiants interrogés dans l’enquête (+6 points par rapport à 2019) disent avoir des pensées suicidaires. Et parmi ceux-là, la moitié n’en parlent pas.

Éco-anxiété et rupture de lien social

Un sentiment général de mal-être aggravé par la perception qu’ont les étudiants du monde qui les entoure, décrit l’enquête. En effet, les deux tiers des répondants se disent “très pessimistes” quant à l’avenir de la société française et des générations futures et 80% se déclarent pessimistes par rapport aux questions liées au changement climatique. Un dernier point sur lequel Fabrice Grière, directeur général de la LMDE, précise sur franceinfo que cette ”éco-anxiété ferait le lit d’autres troubles”.

Résultat: les trois quarts des étudiants qui se disent stressés et pas uniquement pas leurs études, la moitié est concernée par des problèmes financiers au point de renoncer à des soins médicaux, l’insécurité en inquiète un grand nombre etc. Et cela en prenant aussi en compte la pandémie qui a aggravé tous ces problèmes en y ajoutant bien souvent une rupture de lien social. Bref, un ensemble de paramètres qui conduisent à ce bilan très sombre de la santé psychique de la jeunesse française.

Un constat face auquel la LMDE explique vouloir agir, que ce soit en levant le tabou lié à consultation d’un psychologue, en facilitant la prévention par les pairs par exemple pour rompre l’isolement dans les résidences étudiantes ou en prévenant les comportements à risque dans les lieux de fête, ou encore en mettant en place une hotline pour répondre aux jeunes en détresse.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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