Make España Great Again

Make España Great Again

Entre relents franquistes, rhétorique tapageuse à la Trump ou discours anti-immigration, le petit parti espagnol Vox pourrait obtenir plusieurs sièges au Parlement européen en mai prochain.

Les médias l'attendaient presque. À vrai dire, le pays était devenu une exception, un cas à part, dans une Europe secouée par des spasmes nationalistes et xénophobes. «L'Espagne, ce pays où l'extrême droite n'existe pas», titrait même Le Monde il y a un peu plus d'un an.

Depuis, la donne semble avoir changé. Symboliquement, tout du moins. Le 7 octobre dernier, dans le palais de Vistalegre à Madrid, le parti Vox, créé en 2013 et clairement positionné à l'extrême droite, a rassemblé plus de 10.000 personnes lors d'un meeting et marqué les esprits -une démonstration de force que personne n'aura manqué de relever.

Retour de l'extrême droite

L'Espagne se redécouvre-t-elle une extrême droite? Pas vraiment, si l'on considère que Franco, qui a dirigé le pays entre 1939 et 1975 au prix du sang, est mort de sa belle mort et que ses affidés, à la faveur d'une transition démocratique placée sous le signe du pardon et de la concorde, ont aussitôt été réinjectés dans le système politique, par le truchement de l'Alliance populaire (AP) puis du Parti populaire (PP), principale force de droite, encore récemment au pouvoir.

«En un sens, Vox n'est pas une nouveauté, car il y a toujours eu une aile très droitière au sein du Parti populaire. En revanche, l'existence d'un parti en tant que tel, à droite du PP et en passe d'être représenté au Congrès et au Parlement européen, ça, c'est inédit», souligne Xavier Casals, politologue à l'Université Ramon Llull de Barcelone. Jusqu'alors, seuls quelques groupuscules se disputaient la droite du Parti Populaire et, pour certains, la nostalgie du franquisme.

«Il y a désormais une droite à trois têtes dans le pays, souligne Marie Franco, professeure à la Sorbonne (...) Lire la suite sur Slate.fr