Maison occupée dans l'Essonne: Les habitants agressés en quittant les lieux

Achetée en mai à Ollainville, la maison de Laurent et Élodie était occupée depuis plusieurs mois par un couple avec quatre enfants, une situation dont ils avaient connaissance.

ESSONNE - Un couple et ses enfants, âgés de 4 à 16 ans, qui occupaient une maison récemment vendue à Ollainville (Essonne), ont été agressés alors qu’ils quittaient d’eux-mêmes les lieux dans la nuit du jeudi 9 au vendredi 10 juin, rapporte Le Parisien. Pour le moment, les propriétaires ne peuvent pas entrer dans le logement. Le HuffPost vous résume la situation.

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin et la ministre de la Transition écologique Amélie de Montchalin étaient intervenus ce jeudi pour demander au préfet de l’Essonne “d’engager immédiatement une procédure d’évacuation DALO”. L’article 38 de la loi au droit au logement opposable stipule qu’“en cas d’introduction et de maintien dans le domicile d’autrui (...) la personne dont le domicile est ainsi occupé ou toute personne agissant dans l’intérêt et pour le compte de celle-ci peut demander au préfet de mettre en demeure l’occupant de quitter les lieux, après avoir déposé plainte”.

Ce qui s’est passé dans la nuit de jeudi à vendredi


Selon les informations du Parisien, le couple et ses enfants se préparaient déjà à quitter le domicile au moment où les gendarmes se sont présentés à minuit pour leur signifier leur mise en demeure. Alors que la famille s’apprêtait à quitter les lieux, une dizaine de personnes masquées et cagoulées sont arrivées, rapporte LCI. Ils ont aspergé les occupants de gaz lacrymogène, s’en sont pris physiquement à eux et ont dégradé leur voiture.Depuis plusieurs jours, ils étaient victimes d’intimidations, comme le confirme au Parisien Laurent, l’un des nouveaux propriétaires, qui depuis plusieurs semaines tentait de convaincre la famille de partir. “Ces derniers jours, autour de la maison, les riverains devenaient pressants, certains klaxonnaient, criaient ‘Virez-les !’, ça devenait tendu”, a-t-il expliqué.La préfecture du département a indiqué au journal l’ouverture d’une enquête, confiée à la gendarmerie. LCI indique que ce vendredi matin le couple, qui a subi les violences, a été auditionné après avoir déposé plainte.


Les propriétaires savaient-ils que la maison était squattée avant l’achat ?


Plusieurs jours de médiatisation de l’occupation de cette maison d’Ollainville, la pression d’une partie des riverains et l’annonce d’une mise en demeure ont conduit le couple avec quatre enfants à quitter les lieux. Dans un premier temps, Laurent et Elodie, propriétaires de la demeure depuis le 19 mai dernier, avaient été présentés comme ignorant qu’elle était squattée au moment de son achat, passant “du rêve au cauchemar”.

À BFMTV, Laurent a toutefois confirmé qu’il savait que la maison était occupée illégalement lors de l’achat et comptait sur l’expulsion de la famille une fois le bien acquis. Les propriétaires ont d’ailleurs acheté la maison au prix de 140.000 euros, très en dessous du prix du marché, précise la chaîne d’information.

De son côté, la famille qui occupait le logement avait déclaré vivre dans la maison depuis un an et l’avoir acheté en versant 120.000 euros en liquide. Mais le document a été jugé sans valeur.

Pourquoi les nouveaux propriétaires ne peuvent-ils toujours pas jouir de leur maison ?

Alors qu’il pensait pouvoir profiter de sa maison après le départ des occupants, Laurent a rapidement déchanté. Ce vendredi matin, constatant que la serrure a été changée, il est entré par une fenêtre et constaté que le domicile a été saccagé. “Ils sont partis à toute vitesse [...], ils ont tout cassé”, s’est désolé l’homme devant la presse.

Les gendarmes arrivés sur les lieux lui ont demandé de partir en évoquant “une scène d’effraction”, rapporte BFMTV. Un périmètre de sécurité a été mis en place dans la foulée.

“Voilà ce qu’il se passe. Je suis en infraction, a déclaré le propriétaire devant les journalistes. [...] Je suis rentré et je n’avais pas le droit de rentrer apparemment.” Un gendarme lui aurait dit: “C’est votre logement mais [...] vous n’avez pas le droit d’y entrer.” Les enquêteurs dépêchés sur les lieux procèdent depuis ce vendredi matin à des constations.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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