Le maire de Saint-Étienne, Gaël Perdriau, visé à son tour par une plainte pour chantage à la sextape

La plainte a été déposée par son ex-premier adjoint Gilles Artigues, dans cette affaire révélée par « Mediapart ».

JUSTICE - Une plainte pour « chantage aggravé » a été déposée ce lundi 29 août contre le maire de Saint-Étienne Gaël Perdriau (LR) par son ex-premier adjoint Gilles Artigues (UDI), après des révélations de Mediapart sur une manipulation présumée à la sextape, a-t-on appris de sources concordantes.

Cette plainte pour « chantage aggravé, guet-apens en bande organisée, détournement de fonds publics et non-dénonciation de faits délictueux » fait suite à la publication vendredi par Mediapart d’une enquête affirmant qu’un adjoint au maire, Samy Kéfi-Jérôme, avait organisé un rendez-vous filmé avec un escort gay pour piéger et museler Gilles Artigues.

La plainte a été reçue ce lundi matin et l’affaire a été dépaysée à Lyon sur instruction de la procureure générale près la cour d’appel de Lyon, a indiqué à l’AFP le procureur de la République de Saint-Étienne, David Charmatz.

Mediapart, qui a publié des images compromettantes tirées de la vidéo, s’appuie sur les révélations de Gilles Rossary-Lenglet. Celui-ci affirme avoir organisé fin 2014 avec son compagnon d’alors, Samy Kéfi-Jérôme, la rencontre entre Gilles Artigues et un escort dans une chambre d’hôtel parisienne.

Selon lui, cette vidéo aurait ensuite permis à l’équipe municipale de Gaël Perdriau et à son directeur de cabinet Pierre Gauttieri de faire pression sur le père de famille et de le dissuader d’une éventuelle dissidence. Sa candidature au 2e tour des municipales de 2008 avait divisé la droite et contribué à l’élection de Maurice Vincent (PS).

Visé par cette plainte aux côtés de Gilles Rossary-Lenglet et Samy Kéfi-Jérôme, Gaël Perdriau a déclaré samedi n’avoir « à ce stade aucun commentaire à faire sur une vidéo » qu’il affirme ne pas voir vue, et conteste « fermement toute notion de chantage contre Gilles Artigues ».

Gilles Rossary-Lenglet refuse désormais de s’exprimer

L’élu centriste, qui a démissionné en mai dernier de sa fonction de premier adjoint, a déclaré ce lundi sur son compte Facebook que ce chantage lui avait « pourri (l)a vie ».

« Cette vie qui est si belle et que j’ai plusieurs fois songé à quitter, tant j’étais désespéré », assure l’ancien député de la Loire (2002-2007) de 57 ans, qui avait brusquement interrompu au printemps sa campagne aux législatives en dépit de son investiture LR-UDI.

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Gilles Rossary-Lenglet, qui refuse désormais de s’exprimer, a aussi déclaré à Mediapart avoir reçu ces dernières années de la mairie une offre d’emploi, qui ne s’est pas concrétisée, et 50 000 euros pour services rendus, via des rémunérations par des associations culturelles.

De son côté, Samy Kefi-Jérôme, conseiller régional, a été suspendu samedi de ses fonctions de délégué à la stratégie digitale de la région Auvergne-Rhône-Alpes par son président Laurent Wauquiez.

Interrogé par l’AFP sur le caractère tardif de la plainte de son client, Me André Buffard a indiqué qu’« au départ Gilles Artigues n’a pas eu conscience de ce qui s’était réellement passé dans cette chambre d’hôtel », ayant notamment le sentiment d’avoir été drogué. Puis il a cédé au chantage « par souci de préserver sa famille et ses proches ».

Toujours adjoint à la ville et vice-président de sa métropole, Gilles Artigues vient d’être nommé directeur diocésain de l’enseignement catholique du Tarn à Albi.

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