Le maire PS de Brest, François Cuillandre, renvoyé en correctionnelle

François Cuillandre, l'actuel maire de Brest - Image d'illustration - FRED TANNEAU / AFP
François Cuillandre, l'actuel maire de Brest - Image d'illustration - FRED TANNEAU / AFP

Le maire PS de Brest François Cuillandre, 67 ans, sera jugé en correctionnelle pour recel d'abus de confiance dans le cadre de l'enquête sur les indemnités des élus socialistes de la ville, a fait savoir ce mercredi une source proche de l'enquête.

"Il existe des charges suffisantes justifiant le renvoi de François Cuillandre devant le tribunal correctionnel des chefs de recel d'abus de confiance", écrit la juge d'instruction dans une ordonnance datée du 16 janvier.

L'affaire avait débuté le 11 avril 2018 après la publication de plusieurs articles du quotidien régional Le Télégramme évoquant de possibles détournements de fonds commis par l'association Vivre à Brest. Cette association, qui éditait le journal des élus PS au conseil municipal, percevait les indemnités directement de la trésorerie municipale de Brest, avant de les reverser aux élus, dans le cadre d'un système de mutualisation.

Des revenus dissimulés

Le président de l'association, Alain Masson, mort en novembre 2020, continuait cependant à toucher ses indemnités, tout en ayant perçu 485.955 euros de l'association de 2007 à 2018.

"Ces revenus apparaissaient avoir été dissimulées à l'administration fiscale", souligne la juge.

Quant à François Cuillandre, bien que ne participant pas non plus au système de péréquation indemnitaire, l'enquête a montré qu'il avait perçu de l'association 46.000 euros entre janvier 2007 et novembre 2016, notamment des remboursements de frais de campagne. L'édile s'était justifié durant l'enquête en disant avoir été un gros contributeur de l'association par le passé, à hauteur de 100.000 euros entre 1989 et 2000, et avait estimé normal que l'association lui rembourse des sommes engagées au bénéfice de tous les élus socialistes, selon l'ordonnance.

Le maire nie avoir commis une infraction

Il avait en outre perçu 9000 euros en avance ou prêts, dont 4000 euros destiné au financement de l'activité professionnelle de son fils, selon l'ordonnance. Mis en examen en octobre 2019, François Cuillandre a toujours nié avoir commis une infraction. "Il ne pouvait ignorer que Vivre à Brest n'était pas un organisme ayant vocation à distribuer des prêts, ni à consentir des avances alors même qu'il ne participait pas au système de mutualisation", souligne la juge.

"En acceptant ces avances et prêts, il recelait sciemment des fonds qui étaient détournés de leur destination par ceux qui en étaient dépositaires", ajoute-t-elle, évoquant un "dévoiement des fonds de l'association à des fins personnelles".

L'action publique est éteinte à l'encontre de deux autres mis en examen, le président et le trésorier de l'association, tous les deux décédés. Contactée, la mairie de Brest n'a pas communiqué dans l'immédiat.

Article original publié sur BFMTV.com