Le maintien du référendum en Calédonie, "une déclaration de guerre" accusent des indépendantistes

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Référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie, Nouméa, le 4 octobre 2020 (AFP/Theo Rouby)

Le maintien de la date du 12 décembre pour le référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie s'apparente à une "déclaration de guerre contre le peuple kanak", a estimé un parti indépendantiste de l'archipel français, qui réclame un report, mais le ministre d'Outre-mer a martelé dimanche que le résultat du vote sera "légitime".

"Cette décision inique relève de la provocation politique. Elle nous ramène à la case départ d’avant les accords de Matignon (1988) et de Nouméa (1998) et met à mal toute possibilité de dialogue sur l’avenir du pays", a déclaré dans un communiqué le Palika, l'une des deux principales branches du parti indépendantiste FLNKS.

"L’entêtement de l’Etat (…) pourrait engendrer une situation de tension dangereuse pour la paix civile", a encore prévenu le Palika, dont le chef de file, Paul Néaoutyine, est signataire de l’accord de Nouméa et président de la province Nord.

Sébastien Lecornu, le ministre d'Outre-mer, a répondu dimanche sur les médias français (Cnews et Europe 1) que si "la non-participation est un droit en démocratie" elle n'aura pas d'"impact juridique".

"Le fait de ne pas participer n'emportera pas de doute sur la sincérité" du scrutin et cela "n'empêche pas qu'il soit légitime au sens juridique du terme", a-t-il souligné.

Cependant, il faudra "tirer les conclusions politiques" de cette non-participation.

Car le 13 décembre au matin, "50% de la population dira +l'affaire n'est pas terminée, l'auto-détermination doit prospérer+", et l'autre partie de la population, les loyalistes, "diront +nous avons acquis le droit de rester dans la République+", a relevé M. Lecornu.

Ainsi "l'enjeu va être de trouver un chemin commun", selon lui.

De son côté, le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, Patrice Faure, a annoncé vendredi que le gouvernement avait pris la décision de maintenir le troisième et dernier référendum de l’accord de Nouméa au 12 décembre, mettant en avant "la situation sanitaire maîtrisée".

Les partis loyalistes réclament qu'il se tienne à la date prévue du 12 décembre.

En revanche, le FLNKS a fait savoir depuis le 20 octobre qu'il ne participerait pas à ce référendum dont il ne reconnaîtra pas le résultat, arguant de l'impossibilité de "mener une campagne équitable" et d'une population kanak plongée dans le deuil – plus de 50% des 272 morts sont d'origine Kanak.

Le Palika affirme dans son texte qu'il "saisira l'instance internationale de décolonisation de l’ONU pour dénoncer l’absurdité d’une consultation d’autodétermination sans le peuple colonisé".

Dans le cadre du processus de décolonisation de l'accord de Nouméa (1998) qui prévoit la tenue de trois référendums, deux ont eu lieu en 2018 et 2020, avec pour résultat un rejet de l'indépendance à une majorité de 56,7% puis 53,3%.

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