Pour se maintenir dans le débat, l’antiracisme universaliste doit reconnaître ses erreurs

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Le racisme occupe encore beaucoup d’esprits au sein de nos sociétés occidentales, avec parfois des conséquences dramatiques. La mort de Georges Floyd nous rappelle le goût amer de cette réalité. Malheureusement, la nécessaire discussion sur l'antiracisme s'est vue polluée par l'importation d'une certaine rhétorique : celle du "privilège blanc” et de la non-mixité.

Cette dernière opère un revirement regrettable : à l’antiracisme universaliste s’en est substitué un autre, volontairement identitaire, qui préfère mettre en avant les particularismes de chacun, et opposer les ethnies les unes aux autres. Cette logique doit être combattue de toutes nos forces. Cependant, elle nous oblige aussi à reconnaître les échecs et erreurs du camp universaliste.

L’universalisme n’est pas un vain mot

Malgré les critiques formulées de part et d’autre envers la modernité, celle-ci constitue un progrès indéniable pour l’ensemble de l’humanité. En fondant l'ordre politique sur l’universalisme, elle proclame l’appartenance de chacun au genre humain par-delà les cultures, les ethnies et les religions.

La modernité politique a ainsi produit un sens nouveau dans la relation à l’altérité. Cette capacité à entrevoir l’humanité dans l’autre constitue une véritable revanche sur l’Histoire, alors que les luttes entre civilisations ont occupé une large part de celle-ci, se déniant les unes aux autres le droit d’exister. Même les Grecs, qui reconnaissaient pourtant la capacité de raison à tous les êtres humains, distinguaient leur propre culture de celles des autres, sous l’appellation de barbare, avec toutes les discriminations politiques découlant d’un tel système de pensée.




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