Maintenir, adapter ou annuler les meetings ? Face à Omicron, les candidats à la présidentielle hésitent

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Face à la dégradation de la situation sanitaire, les candidats à la présidentielle font évoluer le format de leurs meetings. Certains comptent sur les réseaux sociaux pour faire campagne autrement.

L'arrivée du variant Omicron change la donne et oblige les candidats à revoir l'organisation de leur campagne sur le terrain. Grand classique de l'élection présidentielle, les meetings semblent peu compatibles avec les gestes barrières.

"Réactiver les possibilités de se croiser pour des milliers de gens dans un espace clos, sans gestes barrières, dans un moment où l'on a de grandes chances de crier et de chanter, est tout sauf une bonne idée", résumait déjà début décembre Michèle Legeas, spécialiste de l'analyse et de la gestion des situations à risques sanitaires, auprès de BFMTV.com.

Face à ce constat, les partis s'adaptent, certains étant partisans d'une prudence de sioux, d'autres tenant à maintenir leurs grands rassemblements. Sur les bancs des écologistes, l'heure est aux petits formats. Lors de son premier meeting de campagne à Laon, l'équipe de Yannick Jadot avait fixé une jauge maximale à 50%, limitant ainsi le nombre de participants à 350 avec port du masque obligatoire. Pour son prochain grand rassemblement en janvier, le dispositif devrait être similaire.

Un rite essentiel pendant la campagne 

Son de cloche encore plus radical parmi les partisans de Christiane Taubira: son entourage assure auprès de l'AFP que l'ancienne garde des Sceaux "n'anticipe pas de rassemblement" en intérieur.

Du côté du Parti socialiste, si aucune date de meeting n'est pour l'instant annoncée alors qu'Anne Hidalgo est suspendue au résultat de la Primaire populaire, le dispositif adopté à Perpignan pour son premier grand rassemblement était maximaliste: le pass sanitaire et le port du masque étaient exigés. Une façon donc de s'assurer de la relative sécurité sanitaire de l'événement tout en permettant son maintien. 

C'est que, malgré les risques, ces grands raouts continuent d'apparaître comme essentiels pour mobiliser les sympathisants des candidats tout en "construisant de belles images pour les médias", estime Thierry Vedel, chercheur au Cevipof, auprès de l'AFP.

Maintien des grands meetings au RN et à LFI 

Ils permettent aussi aux oppositions d'occuper le terrain alors qu'Emmanuel Macron a multiplié les longues interviews ces dernières semaines, tout en n'étant pas encore officiellement candidat

Bien conscients de ces enjeux, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon devraient maintenir leurs grands meetings. La candidate du Rassemblement national sera ainsi à Reims le 15 janvier prochain pour sa grande convention nationale où 3000 personnes sont attendues. Le leader de la France insoumise sera, lui, le 16 janvier à Nantes pour une réunion publique qui devrait accueillir entre 2000 et 3000 participants. Le pass sanitaire ne devrait pas être exigé à l'entrée de ces grands événements alors que les deux partis s'y opposent.

Manuel Bompard, le directeur de campagne de l'inoumis assure cependant que "les protocoles sanitaires fixés par la loi" pourraient être "renforcer" en cas d'évolution de la pandémie, auprès de l'AFP.

Facebook live et Twitch

Parmi les partisans d'Éric Zemmour, pointé du doigt après les images de son premier meeting à Villepinte où on y voyait des centaines de personnes au coude-à-coude sans masque, on assure faire preuve de prudence.

"On portera des masques lors de nos prochaines réunions qui se passeront dans des salles plus modestes, non en raison de la crise sanitaire, mais parce qu’on va aller au plus près des Français", assure ainsi Antoine Diers, le porte-parole de Reconquête, dans les colonnes du Parisien.  

À droite, l'heure est à l'imagination. Alors que Valérie Pécresse a annulé son premier meeting de campagne, remplacé par une réunion de cadres, la candidate affirme réfléchir à des meetings numériques ou des Facebook live. Une façon comme une autre d'aller chercher les électeurs tandis que Jean-Luc Mélenchon, lui, s'est déjà mis en scène sur Twitch, via des événements intitulés "Allô Mélenchon".   

Une campagne en ligne est "techniquement possible", assure d'ailleurs Thierry Vedel, chercheur au Cevipof pour l'AFP. Si deux tiers des électeurs disposent d'un compte sur au moins l'un des réseaux sociaux existants, "ils ne se tournent pas forcément vers des sources politiques". Avec un risque: la difficulté à mobiliser les indécis et les abstentionnistes. 

Article original publié sur BFMTV.com

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